Le grand public connait Léa Seydoux, célèbre actrice vue dans La vie d'Adèle, La belle et la bête ou encore James Bond avec Daniel Craig. Mais elle n'est pas la seule personnalité connue de sa famille. En effet, son grand-père Jérôme Seydoux n'est autre que Président du groupe Pathé et propriétaire de 800 salles de cinéma en France. Le frère de ce dernier, Nicolas Seydoux, est quant à lui Président du Conseil de surveillance de Gaumont. En bref, le clan est à la tête d'un véritable empire. Mais il semblerait que les finances du groupe ne soient pas tant dans le vert que cela.
Comme le rapportent nos confrères de L'Informé, le 15 octobre dernier, quatre actionnaires minoritaires du groupe de production ciné (HMG Finance, Gay-Lussac Gestion, le GIE Greenstock et Axxion) ont obtenu de l'Autorité des marchés financiers (AMF) un retrait de la bourse de l'entreprise. Et cela, en raison du peu de liquidités sur les titres et le faible flottant, alors que le clan Seydoux contrôle 89,7% du capital via sa holding Ciné Par. L'AMF a alors laissé six mois à la famille pour lancer une offre de rachat de toutes les actions qui ne leur appartient pas. Et cela n'a pas suffit... Par ailleurs, les juges ont refusé la demande de sursis des Seydoux.
La richissime famille avait, pour justifier cette demande de sursis, évoqué divers arguments. Tout d'abord, le clan estimait que cette offre générait des frais financiers trop élevés : 3,3 millions d'euros pour payer "différents conseils financiers, juridiques, comptables" et "un expert indépendant". Cette somme conséquente serait "susceptible d'affecter le fonctionnement" de Gaumont. Aussi, ils estimaient le prix de l'offre à "plus de 25 millions d'euros". Par la même occasion, ils valorisaient ainsi l'entreprise à 245 millions d'euros, soit bien moins qu'au cours actuel, soit 307 millions d'euros. Sortir une telle somme obligerait alors le clan à passer par "un financement externe ou la cession d'actifs Gaumont", selon les Seydoux. "Aucune des personnes physiques ne serait en mesure d'exposer dans un délai si court, plus de 25 millions d'euros", estiment-ils également. Alors pour obtenir ces millions, il faudrait vendre "un actif majeur" ou céder "un bloc de contrôle de Gaumont". Des actions qui les placeraient "dans une situation aux conséquences irréversibles et manifestement excessives".
Des arguments qui ne passent pas auprès des magistrats. Et cela, aux motifs que Ciné Par n'est quasiment pas endetté, que le clan peut envisager un emprunt ou que la société peut vendre une partie de son patrimoine immobilier estimé à 107,5 millions d'euros en 2017, dont 86,5% pour le seul immeuble du 50 avenue des Champs-Elysées aujourd'hui loué à Lacoste. Enfin, selon eux, le clan Seydoux peut également envisager l'arrivée d'un partenaire financier ou industriel. De son côté, le clan Seydoux a déposé un recours sur le fond de l'affaire. Il faudra attendre le jugement, prévu le 14 avril prochain, pour connaître la suite donnée.
Nos confrères de L'Informé précisent par ailleurs que la famille Seydoux apparaît à la 492e place du classement des fortunes du magazine Challenges avec un patrimoine estimé à 255 millions d'euros, une fortune essentiellement constituée de titres Gaumont. Toutefois, rappelons que le groupe a connu des années difficiles : le chiffre d'affaires a chuté de 266 à 150 millions entre 2021 et 2024 et a encore baissé de 32% au premier semestre 2025, soit 64,2 millions d'euros. Une situation que Sidonie Dumas, fille de Nicolas Seydoux et directrice générale de Gaumont explique auprès de Boxoffice Pro par une fréquentation en salle "compliquée".
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