L'ancien Premier ministre Édouard Balladur, âgé de 97 ans, est mort ce lundi 31 août 2026. L'annonce a été faite par sa famille dans un communiqué transmis à l'AFP. Si la plupart des grands hommes politiques ont droit à des hommages nationaux, en sera-t-il de même pour lui ? Le doute est permis puisqu'"une messe sera donnée dans la stricte intimité familiale" est-il indiqué par la famille sans plus de précision.
Avec la disparition de cette figure historique, c'est une page d'un demi-siècle de politique française qui se tourne. Une histoire commencée en 1964, quand il entre au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, après avoir étudié le droit à l'Institut d'études politique de Paris et à l'ENA (promotion France-Afrique, en 1957). Là, il participe aux accords de Grenelle qui suivent Mai 68. Devenu président, George Pompidou le nomme ensuite secrétaire général de l'Élysée, en 1973.
Il faudra attendre les législatives de 1986 où, se rapprochant de Jacques Chirac, Édouard Balladur est élu député à Paris. Nommé ministre d'État par le président disparu, il devient alors ministre de l'Économie, des Finances et de la Privatisation. C'est le début d'une politique libérale marquée par d'importantes privatisations : la Société générale, Paribas ou encore, TF1. En diminuant le nombre des fonctionnaires et les dépenses de l'État avec une politique à la Margaret Thatcher, il obtient cependant de bons résultats. Il quittera son poste après la réélection de François Mitterrand en 1988.
Après la victoire de la droite aux élections législatives de 1993, François Mitterrand se voit contraint de nommer Édouard Balladur Premier ministre. C'est le début de la deuxième cohabitation. On retiendra ce discours de politique générale de deux heures, durant lequel il avait détaillé son souhait de refaire la France. Il obtient la confiance de l'Assemblée nationale par 457 voix contre 81, le meilleur résultat sous la Ve République. Sa popularité baisse en 1994 après l'échec de la loi Falloux, sur l'accès des jeunes au monde du travail.
Après son action au Rwanda et sa gestion de la prise d'otages du vol 8969 Air France, Édouard Balladur profite de sa popularité en hausse pour se présenter à l'élection présidentielle de 1995. Sans le soutien d'un parti politique, il obtient 18,58%, derrière Jacques Chirac et Lionel Jospin (PS). Lors de son discours au soir des résultats, des sifflements l'empêchent d'appeler à voter pour Jacques Chirac et il lâche cette phrase depuis devenue culte : "Je vous demande de vous arrêter !" Il devient ensuite ministre des Affaires étrangères.
Depuis Matignon, Édouard Balladur ne reviendra jamais au premier plan de la vie politique. Il retrouve jusqu'en 2007 son siège de député de Paris, puis se retire progressivement. Il aide notamment son ami Nicolas Sarkozy à l'élaboration de la réforme constitutionnelle de juillet 2008. Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages : Conversations avec François Mitterrand, Le Courage de Georges Pompidou ou encore Le pouvoir ne se partage pas.
Côté vie privée, Édouard Balladur s'est marié le 29 août 1957 à Marie-Josèphe Delacour, issue d'une famille d'industriels. Ensemble, ils ont eu quatre fils : Pierre, Jérôme, Henri et Romain.
























