Les messages vocaux divisent les opinions. Alors que certaines personnes les considèrent comme la manière la plus naturelle de communiquer, d'autres préfèrent écrire plutôt que d'écouter un message de plusieurs minutes. Cependant, pour la psychologue intégrative Elena Daprá, ce choix ne définit pas à lui seul la personnalité d'une personne. Il dépend de nombreux facteurs liés au contexte, à la relation avec l'interlocuteur et aux besoins propres à chaque situation.
La spécialiste explique qu'il est erroné de classer les gens entre "ceux qui envoient toujours des messages vocaux" et "ceux qui n'envoient que des messages écrits". "Notre façon de communiquer est généralement le résultat de notre personnalité, mais aussi du contexte, de notre éducation, de notre profession, de la période de vie que nous traversons et même du temps dont nous disposons", explique-t-elle auprès de Clarin.
Selon Elena Daprá, notre manière de communiquer par voie numérique varie selon la relation que nous entretenons avec chaque personne. "Il est très courant qu'une personne écrive toujours à ses collègues, envoie des messages vocaux à ses amis et alterne entre les deux formats avec son ou sa partenaire. Cela en dit davantage sur la relation et le contexte que sur la personnalité elle-même." Autrement dit, une même personne peut adapter complètement sa façon de communiquer sans que cela traduise un changement de caractère. Pour la psychologue, le choix entre écrire ou parler reflète également la manière dont chacun traite l'information, régule ses émotions ou privilégie la rapidité, la précision ou la proximité.
Certaines personnes ont besoin de réfléchir avant de répondre. Pour elles, le clavier permet d'organiser leurs idées avant de les envoyer. "Certaines personnes ont davantage besoin de maîtriser ce qu'elles communiquent, et l'écriture leur permet de relire, de corriger et de structurer leurs idées avant de les envoyer", explique Elena Daprá. Par ailleurs, beaucoup estiment que le texte respecte davantage le temps de leur interlocuteur. "L'écriture est plus respectueuse du temps de l'autre, car elle lui permet de lire le message au moment qui lui convient", ajoute-t-elle.
Il existe également des raisons pratiques. Écouter un message vocal n'est pas toujours possible lorsque l'on travaille dans un bureau, que l'on participe à une réunion ou que l'on se trouve dans un espace public. Dans ces situations, le texte devient l'option la plus pratique et la plus efficace.
Les messages vocaux apportent des éléments que l'écriture ne peut pas reproduire. L'intonation, les pauses, le rythme et les émotions permettent de mieux interpréter l'intention du message. "L'intonation, le rythme, les pauses et l'émotion apportent de nombreuses nuances que le texte ne restitue pas", explique la spécialiste. Pour beaucoup, parler est plus spontané qu'écrire, notamment lorsqu'il s'agit de raconter une longue histoire ou d'exprimer des sentiments. "La voix humanise le message et permet de mieux percevoir l'intention de l'autre", affirme Elena Daprá.
Cependant, un message vocal exige également certaines conditions. "Un message vocal nécessite du temps, de l'attention et, bien souvent, un minimum d'intimité." C'est pourquoi ce qui représente un signe de proximité pour une personne peut être perçu comme une contrainte ou une interruption par une autre.
Le choix entre un texte et un message vocal dépend souvent de l'objectif de la conversation. "Si nous voulons nous excuser, résoudre un malentendu ou annoncer quelque chose de délicat, nous avons davantage tendance à privilégier la voix, car elle réduit le risque de mauvaises interprétations", explique Elena Daprá. En revanche, lorsqu'il s'agit de conserver une trace d'informations, de transmettre des consignes ou de maintenir une certaine distance émotionnelle, le texte est généralement le moyen le plus adapté. La psychologue invite donc à abandonner les préjugés sur la façon dont les autres communiquent. "La proximité ne dépend pas du format, mais de la qualité de la communication", conclut-elle.