Pendant plus d’un demi-siècle, Régine a fait danser Paris et bien au-delà. Silhouette flamboyante, boa autour du cou et voix rauque reconnaissable entre mille, la fondatrice des mythiques clubs Chez Régine semblait inséparable de la fête. Mais loin des projecteurs et des pistes de danse, les dernières années de la chanteuse des P’tits papiers ont été marquées par les fragilités du grand âge. Jusqu’à sa disparition, le 1er mai 2022, à 92 ans, elle a pu compter sur un soutien précieux : sa petite-fille, Daphné Rotcage. Fille de son fils unique Lionel, mort d’un cancer en 2006, Daphné Rotcage a occupé une place essentielle dans la vie de la star. Lorsque la santé de Régine a commencé à décliner, elle s’est progressivement impliquée davantage dans son quotidien. Dans les colonnes de Gala, elle est revenue sur ces derniers mois partagés avec sa grand-mère, entre attachement profond et organisation parfois exigeante.
Même si son corps devenait plus fragile, Régine n’avait rien perdu de son tempérament. Habituée à diriger et à décider, elle continuait d’exprimer ses envies et de solliciter ses proches. Daphné Rotcage a ainsi raconté le rythme soutenu de leurs échanges, résumé par une phrase particulièrement révélatrice : "Elle m'appelait 75 fois par jour". Ces appels répétés illustraient la place centrale qu’occupait sa petite-fille dans son quotidien. Pour celle qui avait côtoyé les personnalités les plus célèbres et animé les nuits pendant des décennies, la perte d’autonomie représentait un changement considérable. Daphné était devenue une interlocutrice privilégiée, présente pour répondre à ses demandes et l’accompagner dans cette période de sa vie. Cette proximité impliquait une disponibilité importante. Mais derrière les sollicitations incessantes, elle témoignait aussi du lien qui unissait les deux femmes. Avec sa personnalité affirmée, Régine entendait continuer à mener sa vie selon ses propres règles, même lorsque son état nécessitait davantage d’aide.
À l’été 2021, un problème de santé est venu fragiliser davantage l’interprète de La Grande Zoa. Face à l’évolution de sa situation et à des besoins devenus plus importants, la question de son accompagnement s’est posée avec davantage d’acuité. L’entrée dans un établissement spécialisé a finalement été envisagée afin de lui offrir un cadre adapté. Quitter son environnement familier n’était pas une étape anodine pour une femme qui avait longtemps vécu au rythme des soirées, des rencontres et des événements mondains. Habituée à conserver la maîtrise de son quotidien, Régine devait désormais composer avec une autonomie réduite et un accompagnement plus encadré. Ses proches ont alors joué un rôle essentiel pour maintenir le lien et préserver ses repères. Malgré les changements imposés par l’âge, la reine de la nuit restait cette personnalité singulière, dotée d’une forte volonté et d’un caractère qui avaient largement contribué à sa réputation.
Les dernières années de Régine ont également été marquées par le souvenir de son fils Lionel, disparu en 2006. Ce deuil avait laissé une empreinte profonde dans sa vie. Daphné, sa petite-fille, représentait ainsi un lien familial particulièrement précieux, alors que le temps passait et que son quotidien se transformait. Le 1er mai 2022, Régine s’est éteinte à l’âge de 92 ans, laissant derrière elle le souvenir d’une figure incontournable de la nuit parisienne et de la chanson française. Derrière l’image de la femme de fête, son histoire rappelle aussi la réalité plus intime du grand âge : les besoins qui évoluent, les habitudes à réinventer et l’importance de pouvoir compter sur ses proches.