Fils unique de deux figures de la chanson française, Françoise Hardy et Jacques Dutronc, Thomas Dutronc a grandi dans un environnement artistique singulier. Mais derrière cette filiation prestigieuse, son enfance a aussi été ponctuée de scènes du quotidien. À 53 ans, alors qu’il présente son nouvel album The Jazz Nights, le guitariste et chanteur revient sur son parcours scolaire atypique, marqué par une précocité étonnante et des méthodes d’apprentissage peu conventionnelles. Dans les pages de Gala, il évoque avec humour ses facilités à l’école, mais aussi les tensions avec sa mère au moment des devoirs.
Thomas Dutronc n’a pas attendu les bancs de l’école pour se familiariser avec les lettres. "J’ai su lire et écrire à 4 ans", raconte-t-il dans Gala. Il doit notamment cet apprentissage à des moments partagés avec sa mère et sa grand-mère maternelle. "Ma mère me faisait à manger, puis on feuilletait les Picsou, j’ai appris comme ça. Pour les maths, ma grand-mère maternelle me faisait calculer, en petite école, des additions, des soustractions sur des feuilles, et je m’amusais tout l’après-midi avec elle", poursuit-il. Ces premières expériences lui permettent de prendre de l’avance sur ses camarades. "Ça m’a donné de l’avance et j’ai sauté une classe", se souvient-il.
Les mathématiques, l’histoire-géographie et les sciences font partie de ses matières favorites. Le français, en revanche, le convainc moins lorsqu’il s’agit d’analyser les textes plutôt que de se laisser porter par les émotions. "Pour moi, le français, ce n’est pas apprendre ce qu’est un euphémisme, une litote, une métaphore… J’avais plus envie de ressentir des émotions en lisant un texte que de faire des résumés. J’ai quand même été obligé de me taper L’Iliade en texte intégral et Rabelais en vieux français !", plaisante-t-il.
Si ses facilités scolaires lui permettent de réussir, les devoirs à la maison sont une autre histoire. Avec Françoise Hardy, les séances de travail peuvent rapidement se transformer en affrontements. L’interprète de Message personnel se montre particulièrement exigeante avec les rédactions de son fils. "À partir du CM2, je les faisais tout seul parce qu’on s’engueulait avec ma mère. Elle n’était pas du tout diplomate, elle était catastrophée par ce que j’écrivais dans mes rédactions. J’étais hyper-vexé !", confie-t-il. Ces remarques le poussent à prendre son travail en main et à gagner en autonomie.
Une méthode qui semble lui réussir, puisqu’il parvient à obtenir de bons résultats. Au lycée, il trouve même une organisation qui lui permet de concilier travail scolaire et loisirs : "Au lycée, j’ai compris le coup : je rentrais chez moi, je bossais pendant trois quarts d’heure et j’étais peinard. Mes potes, tous des cancres, passaient alors à la maison jouer aux jeux vidéo." Une façon de faire qui lui laisse du temps libre tout en respectant les attentes de ses parents, avec lesquels il évoque un "contrat de confiance, façon Darty". Malgré ces désaccords autour des devoirs, Thomas Dutronc garde un souvenir heureux de son enfance. "J’ai eu une enfance facile, mes parents m’adoraient, m’admiraient pour tout", résume-t-il. Un soutien affectif qui l’accompagne également lorsqu’il choisit de s’éloigner des études pour se consacrer à la musique.
À 20 ans, lorsqu’il décide d’arrêter ses études, Françoise Hardy lui fixe une échéance tout en lui laissant le temps de construire son avenir. "D’accord, mais à 25 ans, il faut que tu gagnes ta vie. D’ici là, je subviens à tes besoins", explique-t-il. Le pari est tenu : vers 25 ou 26 ans, Thomas Dutronc vit déjà de sa musique, une réussite qui rend son père fier de le voir jouer. Deux ans après la disparition de Françoise Hardy, en juin 2024, le chanteur continue de faire vivre le souvenir de ses parents à travers ses confidences. Derrière les disputes et les exigences scolaires, il retient surtout une enfance protégée, portée par l’affection de ses parents et son amour précoce pour la musique.