Deux ans après la disparition de Françoise Hardy, le 11 juin 2024, Thomas Dutronc continue de faire vivre la mémoire de sa mère à travers ses projets artistiques, mais aussi au détour de confidences plus personnelles. Au micro du podcast À Contre-Jour, le musicien de 53 ans a accepté de se replonger dans ses souvenirs d'enfance. Loin des feux de la rampe, c'est le portrait d'une maman attentive, complice et tendre qu'il a esquissé en évoquant les soirées de son enfance.
À l'époque, Françoise Hardy et Jacques Dutronc recevaient régulièrement leurs proches pour de longs dîners à la maison. Le jeune Thomas s'installait alors auprès des adultes et finissait parfois par s'endormir sur les genoux de sa mère. "Il y avait des dîners assez souvent, enfin pas tous les soirs, mais une fois ou deux par semaine. Il y avait des dîners que ma mère... Et moi, j'étais avec eux dans les dîners. Je me couchais à 22h30 ou je ne sais pas quelle heure, tu vois. Je m'endormais sur les genoux de ma mère comme ça", raconte-t-il dans le podcast.
Ce moment de repos sur les genoux maternels s'accompagnait d'un rituel réconfortant que le petit garçon réclamait régulièrement. "Puis je lui demandais : 'Tu peux me faire un petit massou ?' Elle me faisait des massous. Puis quand elle s'arrêtait...", se remémore Thomas Dutronc. Derrière ce terme affectueux se dessine un souvenir intime de leur relation, marqué par la tendresse et la proximité physique entre une mère et son fils unique.
Ces instants de douceur contrastent avec un autre souvenir raconté par le musicien : celui des devoirs d'école. Françoise Hardy, qui avait un tempérament inquiet, pouvait aussi se montrer préoccupée par les résultats de son fils. Thomas Dutronc se souvient notamment de ses rédactions lorsqu'il était en CM2. À la lecture de ses textes d'écolier, sa mère ne cachait pas son inquiétude et lui lançait : "Oh là, je suis inquiète hein... Comment on peut écrire des choses comme ça mon petit loulou, je suis vraiment inquiète !"
Cette réaction avait fini par pousser le jeune garçon à ne plus faire ses devoirs avec elle. Une anecdote révélatrice de la personnalité de la chanteuse, dont l'inquiétude pouvait se manifester jusque dans les petites choses du quotidien. Pour autant, cette différence de tempérament n'a jamais entamé l'attachement profond qui les unissait.
Malgré les inquiétudes de Françoise Hardy, le lien entre la chanteuse et son fils est resté particulièrement fort. "On avait quand même cet amour et cette tendresse infinie quoi l'un pour l'autre, vraiment infini", confie Thomas Dutronc. Un amour nourri par leur complicité, mais aussi par leur passion commune pour la musique, qui a occupé une place centrale dans leur histoire familiale. Jusqu'aux derniers jours de sa mère, le musicien a continué à partager avec elle ces moments musicaux. À l'hôpital, il lui chantait notamment des chansons de Mireille, prolongeant ainsi cette transmission artistique qui les rapprochait depuis toujours.
Interrogé sur ce qu'il aimerait lui dire aujourd'hui s'il en avait la possibilité, Thomas Dutronc livre une réponse simple, mais particulièrement émouvante : "Ne t'inquiète pas, parce qu'elle s'inquiétait beaucoup pour moi." Quelques mots qui résument à eux seuls la relation entre le chanteur et sa mère, faite d'un amour immense, de tendresse et d'une inquiétude maternelle qui ne l'a jamais quittée.