Grandir auprès de deux figures majeures de la chanson française n'a rien d'ordinaire. Pour Thomas Dutronc, être le fils unique de Françoise Hardy et Jacques Dutronc a longtemps été synonyme d'une certaine responsabilité. Loin de l'image d'un enfant de stars insouciant, l'artiste de 53 ans garde de ses jeunes années le souvenir d'un équilibre particulier, entre un confort matériel évident et des exigences qu'il s'imposait dès son plus jeune âge. Invité du podcast À contre-jour, le chanteur et guitariste est revenu sur cette période passée dans la maison familiale. Il a notamment évoqué ses 14 ans, ses après-midis avec ses copains de classe, mais aussi ce sentiment de devoir se montrer irréprochable auprès de ses professeurs en raison de la notoriété de ses parents. Des confidences qui en disent long sur son éducation et sur les valeurs transmises par sa mère.
À 14 ans, le domicile parisien de Thomas Dutronc était devenu un lieu de rendez-vous apprécié de ses amis. Dans les années 1980, le jeune garçon disposait notamment d'un équipement qui faisait des envieux parmi ses camarades, peu habitués à retrouver un tel matériel chez eux. "Tous les copains un peu fous, ils venaient à 14 ans chez moi, parce que j'avais un rétroprojecteur, à l'époque personne n'avait ça", se souvient le musicien. Ces après-midis étaient alors l'occasion de profiter de séances de cinéma improvisées et de nombreuses gourmandises. "On regardait des films, on avait du Yop, des chocolats, tout ce qu'on veut. On était du coup gâtés, mais parce que j'étais premier de la classe, donc je pouvais faire le con, tu vois", explique-t-il.
Si Thomas Dutronc profitait pleinement de ces moments avec ses amis, il avait également conscience de sa situation privilégiée. Son sérieux à l'école lui permettait ainsi de bénéficier d'une certaine liberté à la maison, tout en répondant aux attentes liées à son éducation. Derrière ces souvenirs heureux, Thomas Dutronc explique avoir très tôt ressenti une forme de responsabilité liée à la célébrité de ses parents. À l'école, il tenait particulièrement à se montrer respectueux et attentif envers ses enseignants. "Comme j'étais fils d'eux, je me sentais obligé, j'avais un devoir de représentation face aux professeurs. Je me sentais obligé d'être respectueux, de bien présenter, d'écouter les profs", explique-t-il dans cet entretien. Une attitude qu'il ne limitait pas à sa scolarité. Le musicien raconte avoir toujours eu le sentiment de devoir fournir des efforts, malgré les avantages dont il pouvait bénéficier grâce à son environnement familial : "Je crois que j'ai fait des efforts, et j'en ai fait à l'école, et j'en ai fait avec mes parents, j'en ai fait dans ma famille, j'en ai fait. Et même si j'ai eu une belle vie, plein de facilités aussi, j'ai toujours eu cette conscience de devoir faire des efforts."
Cette importance accordée au travail et à la persévérance, Thomas Dutronc l'attribue notamment à sa mère, Françoise Hardy. La chanteuse lui avait appris à privilégier les efforts accomplis plutôt que les résultats obtenus. "Et ça, ma mère me l'a enseigné aussi, ce qui compte, c'est pas d'arriver quelque part, c'est l'effort que tu fais. Ce qui compte, c'est de savoir que tu fais ton maximum", souligne-t-il. Pour illustrer cette philosophie, Thomas Dutronc évoque également une phrase qu'aimait répéter un ami de son père Jacques : "Un vieux copain de mon père, un acteur corse, disait tout le temps 'Attache ta charrue à une étoile'."
Des paroles qui continuent de l'accompagner aujourd'hui, notamment dans sa pratique de la musique. "Travailler, faire cet effort, moi je continue à travailler la guitare, et je fais des progrès, j'en suis vraiment content", confie le chanteur. Une manière de montrer que, malgré les années, les valeurs transmises pendant son enfance occupent toujours une place importante dans son quotidien.