À 80 ans, qu'il a célébrés le 24 juillet dernier, Hervé Vilard n'a rien perdu de sa superbe ni de son énergie. L'actualité bat d'ailleurs son plein pour le chanteur : dimanche dernier, l'inoubliable idole a fait vibrer la prestigieuse Salle Pleyel à Paris lors d'un concert de plus de deux heures, marquant ainsi l'unique date parisienne d'une nouvelle tournée qui s'envolera vers l'Amérique latine en 2027.
L'occasion de revenir sur le succès vertigineux qui a totalement fait basculer son destin à l'aube des années 60. Alors qu'il n'était qu'un jeune homme qui "chantait pour survivre" comme le rappelle Le Parisien, la sortie de son tout premier tube, Capri c'est fini, l'a instantanément propulsé au sommet de la gloire. Ce triomphe a rapporté à l'artiste de 19 ans à l'époque la somme faramineuse d'"un million de dollars". Pourtant, le jeune Hervé Vilard n'a pas pu profiter immédiatement de cette fortune inespérée. À cause des lois de l'époque, il a été contraint de patienter jusqu'à sa majorité légale, alors fixée à 21 ans, pour enfin percevoir son argent. Mais conscient du miracle de ce succès, il a "tout fait ensuite pour rester dans ce métier".
S'il a su faire perdurer sa carrière avec brio, l'octogénaire refuse néanmoins de s'embourgeoiser. Revendiquant son passé de "délinquant" auprès de nos confrères, il explique son incroyable longévité par sa sincérité sur scène : "Mon public ne vient pas entendre Sinatra. Je balance les mots comme ils viennent avec mes entrailles, mon vécu".
Et ne lui parlez surtout pas de la trace qu'il laissera dans l'Histoire de la chanson française. Interrogé sur ce qu'il souhaite que l'on retienne de sa carrière, Hervé Vilard répond : "La postérité, je l'emmerde. Je n'en ai rien à foutre". Et pour lui de conclure : "Ça ne m'intéresse pas du tout d'avoir ma statue quelque part et que les pigeons viennent me chier dessus." Le ton est donné.