Quand on vient au monde dans l'une des familles les plus emblématiques du paysage musical français, la voix semble gravée dans l'ADN. Élevé par deux monuments sacrés de la culture pop, la regrettée Françoise Hardy, interprète de Tous les garçons et les filles, et le légendaire Jacques Dutronc, voix inoubliable de J'aime les filles ou Et moi, et moi, et moi, Thomas Dutronc possède un héritage artistique hors du commun. Pourtant, si l'on pouvait imaginer un parcours tout tracé où l'enfant gratte ses premiers accords dès le berceau sous l'œil bienveillant de ses parents, la réalité s'avère bien différente !
Aujourd'hui âgé de 53 ans, le guitariste, interprète des succès J'aime plus Paris ou Comme un manouche sans guitare, a tracé son propre chemin avec le brio qu'on lui connaît, mais son histoire d'amour avec la musique a démarré à un âge bien plus avancé qu'attendu. Et à bien y regarder, cette initiation sur le tard s'explique en grande partie par le quotidien singulier insufflé par Jacques Dutronc et Françoise Hardy au sein du foyer familial lorsqu'il était plus jeune.
Invité sur le plateau de l'émission Télématin sur France 2, ce lundi 2 novembre, Thomas Dutronc est revenu avec une sincérité touchante sur ses premiers pas artistiques tardifs. Regrettant parfois de ne pas s'y être mis plus tôt, l'artiste explique d'abord la frustration liée à ce retard au démarrage : “C’est dommage. Je regrette parce qu’il y a tellement de réflexes qu’on se fait quand on commence la musique plus tôt. Je regrette mais c’est comme ça, ça a été comme ça.” Relancé par les journalistes en plateau qui lui demandent s'il s'agissait d'un refus de sa part ou s'il n'était tout simplement pas habité par cette envie à l'époque, le fils du couple mythique apporte une réponse surprenante sur l'ambiance qui régnait alors à la maison, brisant au passage l'idée que le public se faisait sûrement des deux artistes loin de la scène : “Il faut croire qu’on partageait beaucoup de choses avec mes parents mais qu’ils n’ont pas su partager ça avec moi ou donner l’envie. Ils jouaient très peu à la maison, ils ne chantaient jamais à la maison.” Loin d'en tenir rigueur à ses illustres parents, l'artiste nuance toutefois : “J’avais quand même finalement une culture musicale grâce à eux, grâce à leur discothèque dans laquelle j’ai pioché.” Un trésor de références qui lui a permis de façonner son oreille et sa curiosité, jusqu’à aller acheter les premiers albums de Madonna, bien loin des Gainsbourg et David Bowie qu’il aimait tant.