Surprotéger nos enfants permet-il de leur éviter le pire ? Si seulement tout était aussi simple... Laura Smet peut en témoigner. D'abord avec ce qu'elle a vécu avec sa maman Nathalie Baye quand elle était enfant mais aussi parce qu'elle est à son tour devenue mère il y a six ans, d'un petit garçon prénommé Léo qu'elle a eu avec son mari Raphaël Lancrey-Javal qu'elle a épousé en 2018.
Son enfance pas comme les autres, Laura Smet la raconte avec beaucoup d'honnêteté à Elisa Tovati dans son livre Merci pour le non publié aux éditions du Rocher. La comédienne, chanteuse et autrice a recueilli 16 témoignages. Elle est partie à la rencontre de celles et ceux qui ont vu une porte se fermer avant de trouver leur propre chemin.
En étant la fille de Johnny Hallyday et Nathalie Baye, Laura Smet a eu bien du mal à trouver cette voie qui serait la sienne. Au cours de son échange avec Elisa Tovati, il est question de ce que l'on transmet à ses enfants. Au moment de ce thème, une question est d'abord posée à Laura Smet : "Grandir 'fille de', quel fardeau invisible as-tu porté, et comment as-tu appris à poser tes limites ?" "Le fardeau, c’est de ne jamais être regardée pour ce que tu es vraiment. Tu arrives quelque part, et avant même que tu parles, on sait déjà qui tu es censée être. Les gens projettent sur toi leurs idées, leurs fantasmes, leurs jugements, parfois leurs colères aussi. À l’école, des enfants, des adultes, plus tard dans le travail, des journalistes… Il y a souvent une opinion préalable. Tu n’as pas encore ouvert la bouche qu’on t’a déjà rangée quelque part", répond-t-elle alors.
Avec le recul, la petite soeur de David Hallyday se dit qu'elle aurait dû poser ses limites au lieu de devoir répondre aux attentes : "Poser des limites, j’ai mis beaucoup de temps à y arriver. Dire non à certaines questions, à certains sujets, à certains lieux. Accepter que ça ne plaise pas. Pendant longtemps, j’ai cru que je devais réparer quelque chose. Réparer l’image de mon père. Prouver que je méritais ma mère. Et puis un jour, j’ai compris que ce n’était pas possible. Que je ne pouvais pas passer ma vie à me justifier. Il faut accepter de devenir simplement 'Laura.' "
Arrive ensuite le sujet de la protection installée par Nathalie Baye, en matière de santé, sur sa fille. "Tu racontes volontiers que ta mère faisait très attention à la santé, que tu avais souvent des traitements à suivre. Qu’est-ce que ça a créé chez toi ?", questionne Elisa Tovati à Laura Smet. L'actrice et chanteuse confirme alors que sa maman en avait fait un sujet majeur et que cela a eu des répercussions sur elle par la suite. " Ma mère était très tournée vers la prévention, les compléments, la naturopathie. Petite, j’avais toujours quelque chose à prendre. Pour la mémoire, contre l’asthme, contre la fatigue, pour les cheveux. Avant d’aller à l’école, j’avais tout un rituel. Sans qu’elle s’en rende compte, ça a installé une idée : pour aller bien, pour affronter la journée, il faut prendre quelque chose. À l’adolescence, ce "quelque chose" change, ça devient les cigarettes. Puis les anxiolytiques. Ce n’est pas un reproche que je lui fais. C’est un constat. On transmet parfois des schémas sans le vouloir."
Cette façon de fonctionner, Laura Smet a choisi de ne pas l'appliquer avec son fils Léo. "J’essaie de faire l’inverse. Je ne diabolise pas les médicaments, mais je veux qu’il comprenne qu’il existe d’abord des habitudes simples et naturelles à prendre. Respirer. Bouger. Bien dormir. Bien manger. Je ne veux pas que son premier réflexe soit : 'Je prends quelque chose.' Je veux qu’il apprenne à écouter ce qui se passe en lui", explique-t-elle.
A chaque maman ses façons de faire...