Dans son nouveau livre Merci pour le non paru aux éditions du Rocher, Élisa Tovati tend le micro à des personnalités venues raconter leurs moments de bascule. Parmi ces confessions brutes, le témoignage de Laura Smet touche directement au cœur. La fille de Johnny Hallyday et de Nathalie Baye y revient sans fard sur l'un des épisodes les plus sombres de son parcours, lorsqu’elle a décidé d'abandonner en plein tournage le long métrage Les Femmes de l’ombre en 2007. Un choix d'une gravité absolue qui s'est révélé indispensable pour sa santé, mais qui a failli lui coûter son toit et a ruiné ses finances.
À cette époque, la comédienne donne le change tant bien que mal face aux caméras, dissimulant un mal-être profond derrière les exigences du métier. "Je continuais à faire semblant. À assurer. À donner l’impression que tout allait à peu près bien. Mais à l’intérieur, ça n’allait plus du tout. Mes problèmes d’addiction étaient déjà très installés", confie-t-elle avec une franchise totale. Chaque réveil se transforme alors en supplice, entre angoisse viscérale, corps alourdi et la sensation constante de ne plus tenir debout.
Très vite, l'évidence d'un péril imminent s'impose à elle. "Physiquement, je sens que je suis en train de me mettre en danger. Mentalement, je sais que je suis au bout de quelque chose. Et là, pour la première fois, une pensée très claire me traverse : si je continue, je peux mourir", glisse l'actrice avec recul. Ne trouvant pas le courage d'expliquer ce qui la détruit, elle invoque un prétexte pour justifier son retrait. Dans le milieu du cinéma, le couperet tombe instantanément : "Professionnellement, c’est un désastre. On me remplace. Je deviens inassurable. Il y a un procès. Je risque de perdre mon appartement."
Pour Laura Smet, l'effondrement est brutal. Submergée par la honte, la peur et un immense sentiment de solitude, elle se retrouve persuadée que personne ne voudra plus jamais faire appel à elle. Commence alors une période très lourde de mise sous cloche pour éviter le pire. Elle tourne à peine, uniquement sous un encadrement strict, et perd jusqu'à la gestion de son quotidien. "Je n’ai plus accès librement à mon argent. Je suis accompagnée en permanence", raconte-t-elle à propos de cette vie sous haute surveillance, sans liberté ni téléphone permanent.
Cette décision a réclamé un tribut colossal. "Ce non m’a coûté très cher. Financièrement. Professionnellement. Symboliquement", résume l'actrice. Pourtant, ce refus catégorique de s'enfoncer davantage lui a littéralement sauvé la vie. Un virage salvateur, sans lequel elle n'aurait jamais pu panser ses blessures et construire la sérénité familiale qu'elle connaît désormais auprès de son mari et de son fils.