Depuis plusieurs mois, Elsa Wolinski se livre sur le chemin qu'elle a parcouru pour se retrouver. Le 16 septembre dernier, elle expliquait que sa transformation physique n'était que la partie visible d'un changement beaucoup plus profond. Après des décennies de rapport compliqué à son corps et à l'alimentation, elle affirmait avoir compris que "le vrai changement n'était pas dans [son] assiette", mais dans sa manière de se regarder et de se traiter.
Dimanche 27 septembre, c'est cette fois vers sa vie amoureuse passée qu'elle s'est tournée. Après avoir vu le film Si tu penses bien de Géraldine Nakache, Elsa Wolinski a raconté sur Instagram l'histoire d'une jeune femme qui rencontre un homme avec lequel elle rêve de construire sa vie. Une histoire racontée à la troisième personne avant que l'on comprenne qu'il s'agit de la sienne. "Elle veut aimer. Faire équipe. Construire. Elle veut se marier. Et puis, doucement, quelque chose se referme sur elle", écrit-elle. Selon son récit, les premières petites phrases ont progressivement laissé place aux remarques puis aux insultes quotidiennes. "Tu es nulle. Tu ne sais rien faire. Tu finis par le croire."
Pour plaire à celui qui partage alors sa vie, Elsa Wolinski a progressivement modifié jusqu'à sa façon de parler, de s'habiller ou de rire. Elle raconte même s'être coupé les cheveux parce que son compagnon lui disait la préférer ainsi. "Tu enlèves peu à peu tout ce qui te plaisait à toi. Tu fais tout ce qu'il te dit. Et puis tu perds. La chute est fatale", résume-t-elle. Un mécanisme qu'elle peut aujourd'hui nommer : "Je sais ce que c'est de se faire insulter. De se faire humilier. De ne plus savoir qui on est. De finir par croire ce que l'autre raconte de vous. L'emprise invisible. C'est fou, une mauvaise rencontre. Il faut parfois une vie pour s'en remettre."
Par la suite, Elsa Wolinski a connu d'autres épreuves. Elle a perdu son père, le dessinateur Georges Wolinski, assassiné le 7 janvier 2015 lors de l'attentat contre Charlie Hebdo. Sa mère, la journaliste et romancière Maryse Wolinski, est quant à elle décédée le 9 décembre 2021 à 78 ans des suites d'un cancer du poumon. Durant ces années, leur fille a également beaucoup parlé de son combat contre la boulimie, dont elle expliquait que les crises s'étaient intensifiées après l'attentat puis pendant la maladie de sa mère.
Aujourd'hui, c'est pourtant sur une image beaucoup plus lumineuse qu'elle choisit de terminer son récit. Parfois qualifiée d'"oiseau fragile", elle préfère désormais se voir comme une "cowgirl qui avance sans demander la permission, qui tombe, remonte en selle, se débrouille seule et ne se laisse plus jamais enfermer." Et lorsqu'elle replonge dans ses souvenirs, elle refuse surtout de juger celle qu'elle était : "Je ne me souviens pas d'un oiseau fragile. Je me souviens d'une jeune femme très amoureuse. Et surtout d'une jeune femme très courageuse. Comme il y en a tant dans les histoires d'amour toxiques."