Deux questions reviennent régulièrement parmi les messages adressés à Elsa Wolinski : pourquoi a-t-elle quitté la télévision et comment a-t-elle perdu autant de poids ? Deux sujets qui peuvent sembler très différents, mais qui, pour elle, trouvent finalement leur origine au même endroit. “Je me suis rendu compte que la réponse aux deux questions était peut-être la même”, écrit-elle dans une longue publication Instagram.
Son premier constat est aussi simple que brutal. “J’en ai eu marre qu’on me parle mal”, écrit-elle de but en blanc. Elsa Wolinski explique avoir quitté la télévision parce qu’elle ne supportait plus la manière dont elle pouvait y être traitée. Avec le temps, cette décision l’a amenée à s’interroger plus largement sur sa façon de vivre et sur la nécessité de rester en accord avec elle-même. Elle voulait simplement que ce qu’elle portait à l’écran reste cohérent avec ce qu’elle ressentait réellement. Cette réflexion a fini par dépasser largement le cadre professionnel. Lorsqu’elle s’est interrogée sur les kilos qu’elle avait perdus, Elsa Wolinski a réalisé qu’un mécanisme assez similaire s’était joué. Le 1er janvier, elle avait pourtant commencé par suivre un régime accompagnée par une personne qui, raconte-t-elle, lui donnait des ordres et lui parlait mal. Une situation qui a fait remonter des souvenirs beaucoup plus anciens.
Elle a alors repensé à sa mère et à une phrase entendue lorsqu’elle était enfant : pour être belle, il fallait être mince. Derrière cette injonction se cache, selon son récit, une histoire douloureuse avec l’alimentation qui l’a accompagnée pendant plusieurs décennies. Elsa Wolinski évoque ainsi “trente, peut-être même quarante ans de troubles alimentaires”, durant lesquels elle a pu se faire vomir, vider sa cuisine, pleurer ou encore se détester. Sa perte de poids actuelle ne peut donc pas être résumée à un régime ou à une nouvelle routine sportive. Pour elle, le véritable tournant est venu lorsqu’elle a commencé à regarder autrement son histoire et les blessures qui avaient façonné son rapport à son corps.
Le vrai changement n’était pas dans mon assiette
La mort de sa mère occupe une place centrale dans ce cheminement. Elsa Wolinski raconte avoir pris 25 kilos en l’accompagnant jusqu’à son décès. Avec le recul, elle considère aujourd’hui que ce poids l’a en quelque sorte protégée de la tristesse. Elle choisit même l’humour pour décrire cette période, estimant que “le gras et la cellulite, ça amortit le choc” et que, finalement, “c’est tout doux et moelleux”. Impossible désormais pour elle d’obtenir les excuses qu’elle aurait peut-être aimé entendre de sa mère. Elsa Wolinski a donc choisi une autre voie : lui pardonner. Mais également se pardonner à elle-même, pour ses doutes, ses angoisses et cette vulnérabilité qu’elle a longtemps portée dans un monde où, selon ses mots, “on doit faire genre”.
C’est à ce moment-là qu’elle situe son fameux “déclic”. “Et c’est là que j’ai fait pschitt. J’ai dégonflé”, résume-t-elle. Une formule volontairement légère derrière laquelle se cache pourtant un processus très long. Elsa Wolinski ne cache pas le chemin parcouru : il lui aura fallu dix ans pour parvenir à ce changement. Pas question, donc, de présenter son évolution physique comme le résultat spectaculaire d’une méthode express. Elle s’est également mise au sport, une étape qu’elle décrit comme difficile, mais particulièrement émouvante. Dans les images accompagnant sa publication, elle revient notamment sur ses premiers efforts et remercie celles qui l’ont aidée à se remettre en mouvement. D’autres séquences la montrent aujourd’hui à la salle de sport, signe que l’activité physique a trouvé sa place dans son quotidien.
Mais Elsa Wolinski refuse justement de faire de son expérience une recette à reproduire. “Pas de méthode miracle”, prévient-elle. Elle ne met pas en avant un régime particulier, un programme alimentaire ou une technique permettant de perdre rapidement des kilos. À ses yeux, l’essentiel s’est joué ailleurs. “Le vrai changement n’était pas dans mon assiette. Il était dans la façon dont j’ai commencé à me regarder et à me traiter” confie-t-elle. “Rien n’est réglé, rien n’est parfait et rien n’est facile”, reconnaît-elle, mais cela lui tient à cœur de le redire : “On n’est pas toutes obligées de mincir. On n’est pas toutes obligées de faire du sport”, le plus important, selon elle, c’est “se respecter”.