Emmanuelle Béart et la chirurgie esthétique : ''Ça a été effroyable''
Publié le 2 mars 2012 à 19:24
Emmanuelle Béart le 27 avril 2011 à Paris
Emmanuelle Béart en 1986
La pièce Se trouver de Luigi Pirandello
Emmanuelle Béart en septembre 2009 à Monte-Carlo
Emmanuelle Béart à La Rochelle en septembre 2011
Emmanuelle Béart tombe le masque pour une interview théâtrale puisque les questions sont des répliques tirées de la pièce dans laquelle elle joue, Se trouver de Luigi Pirandello. En réfléchissant, pour le quotidien Le Monde, aux mots de son personnage, Donata Genzi, elle se livre d'une manière troublante, abordant des sujets très délicats dans le milieu et pour les femmes : la chirurgie esthétique. Une longue conversation où les questions existentielles se suivront et la perception de soi sera auscultée.

"Pour ce qui est de façonner le corps, j'ai fait refaire ma bouche à 27 ans. Ce n'est une énigme pour personne, c'est loupé." Un choix lourd de conséquences que, ne supportant plus ses lèvres, elle a décidé de faire. L'opération l'aura malheureusement violemment affectée : "Aujourd'hui, je suis contre la chirurgie esthétique. Parce que c'est un acte grave [...], il touche l'âme. Mais je n'aurai jamais la 'dégueulasserie' de porter un jugement sur les personnes qui l'ont fait."

"Je ne suis pas prête d'y retourner, ça a été un tel choc. Ça a été effroyable", se souvient-elle. "Aujourd'hui, rien que l'idée d'une piqûre me foudroie." Pour une comédienne, dans un monde où il est très dur pour les femmes de vieillir, surtout dans le cinéma, parler aussi ouvertement de ce sujet tabou relève de l'exploit : "Le théâtre est salvateur parce qu'il n'y a pas ce problème du physique."

Sa facilité à aborder un tel sujet est remarquable. Et c'est avec autant de sincérité qu'elle fera part de son sentiment le plus profond : "J'ai mis au monde trois enfants. J'aime. J'ai aimé passionnément. Je n'aurais jamais imaginé ce métier sans la vie. C'est la vie qui m'a donné envie de le faire, de continuer à le faire. Sinon, j'aurais été comme un ballon. Je me serais envolée très vite et je ne serais jamais revenue."

Portée par la grâce sur scène ou devant la caméra, Emmanuelle Béart sait redescendre sur terre quand les lumières s'éteignent : "Qu'est-ce qui peut se passer après la scène. Après ça, il faut dormir. Et puis le matin, il faut se lever à 7h, parce qu'il y a un petit garçon qui veut jouer à la cuisine, parce qu'il a inventé qu'une panthère va venir déjeuner. Je n'invente rien, c'est ma vie, mon plus jeune fils. Et j'ai un plaisir fou à être avec lui, à jouer, puis ensuite à faire les devoirs avec celui qui a 15 ans, puis à aider l'aînée qui est à l'université et veut devenir avocate."

Capable de pousser ses limites pour la comédie, de jouer la maladie et de transformer son corps (Ma compagne de nuit) ou de se livrer nue, au sens propre et figurer (Ça commence par la fin, Le Désert de l'amour), Emmanuelle Béart s'impose par sa franchise et sa raison. Une femme entière qui va faire des éclats dans Bye Bye Blondie de la sulfureuse Virginie Despentes le 21 mars au cinéma.
Par Samya Yakoubaly | Rédactrice
Cinéphile, elle adore regarder des bande-annonces et des moments historiques à la télévision. Le prochain James Bond ou le discours d’investiture de Barack Obama lui donnent les mêmes frissons.
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