Le 23 octobre dernier, une attaque raciste a frappé Trappes et La Verrière, dans les Yvelines. Un homme de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, a été tué par balle et cinq personnes ont été grièvement blessées, dont une enfant de 12 ans. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs personnalités ayant grandi à Trappes ont exprimé leur émotion, parmi lesquelles Omar Sy, Jamel Debbouze, La Fouine et Shy’m. Cette dernière a choisi de revenir sur les événements et sur les discours politiques qui ont suivi lors d’une intervention sur RTL.
Ce jeudi 29 octobre 2026, Shy’m s'est entretenue avec Marc-Olivier Fogiel dans son émission diffusée sur RTL. L’animateur lui a demandé ce que lui inspiraient les propos de plusieurs personnalités politiques sur Trappes et les banlieues. "Quand vous entendez Jordan Bardella, en 2021, qualifier Trappes de République Islamique en miniature, ou après ce qu’il s’est passé le 17 octobre, le débat a glissé vers l’immigration et les banlieues. Quand vous entendez Marion Maréchal parler d’émeutes ethniques, Éric Zemmour de hordes barbares maghrébines et africaines, ça vous inspire quoi, vous ?".
Une question à laquelle Shy’m n’a pas hésité à répondre. "De l’écœurement. Je n’ai pas d’autre mot. De l’écœurement. C’est entendre des gens qui n’ont jamais vécu dans cette ville, dans ces villes, dans ces contextes, dans ces situations. Ce sont des gens qui ne connaissent pas les cités, les habitants de ces cités. C’est biaiser l’information pour stigmatiser, créer des peurs, des craintes et, je crois, au final, diviser".
Marc-Olivier Fogiel a ensuite interrogé la chanteuse sur le lien possible entre les discours politiques et le passage à l’acte de l’auteur de l’attaque. "Est-ce que vous allez jusqu’à dire que leurs mots arment le détraqué qui, lui, est passé à l’acte ? Certains ont fait ce lien-là. Est-ce que vous vous dites que ces mots-là arment les détraqués et vous faites un lien avec les attentats de la semaine dernière ?", a renchéri l’animateur.
"Mais évidemment que ça alimente. Ça fait des années qu’on nous martèle des choses dans la tête de façon insidieuse, inconsciente ou consciente. Et évidemment que ça fait son travail au bout d’un moment. Évidemment qu’on n’arrive plus à dissocier les choses, à voir l’individu, à voir l’humain, à se faire sa propre idée aussi. Les informations dont on se nourrit sur les réseaux sociaux, c’est compliqué de pouvoir se faire un avis juste. D’avoir une tête froide aussi, et objective, c’est trop difficile", a répondu Shy’m. Par cette prise de parole, Shy’m rejoint ainsi les voix qui dénoncent les conséquences des discours stigmatisants sur les habitants des quartiers populaires.