Cécile de Ménibus est une femme affairée, impliquée dans de nombreuses activités. À côté de sa présence médiatique à l'antenne de Sud Radio, où nous l'avons retrouvée pour cette interview, l'ancienne complice de Sébastien Cauet est aussi en charge d'un media lié au célèbre "Who's who", tout en gérant avec son compagnon Thierry une entreprise d'aménagement d'intérieur. Des compétences que tous deux mettent en pratique le week-end venu en rénovant une magnifique demeure en Normandie.
On vous connaît à la télévision et à la radio, moins pour vos autres activités. Avant d'évoquer ce que vous faites dans l'aménagement d'intérieur, un mot sur le Who’s Who, ce célèbre dictionnaire qui recense les personnalités connues. Quel est votre rôle dans cette institution ?
Quand Franck Papazian a racheté le Who’s Who, il m’a demandé de créer un media. J’ai d’abord dit non : je ne suis ni journaliste ni rédactrice en chef. On l’a finalement monté, avec neuf verticales consacrées aux talents en France.
On l’a ouvert aux femmes, aux régions, à l’artisanat, et créé Who’s Next, pour ceux qui mériteraient d’y entrer à l’avenir. Je m’éclate : je ne traite que du positif. Dans notre monde compliqué, ça fait du bien.
Vous étiez dans le Who’s Who avant d’y travailler ?
Je venais d’y entrer deux ans auparavant. Je ne sais pas si c’est mérité ou pas. On m’a dit que j’avais une carrière tellement atypique que cela le justifiait. Je suis toujours très étonnée de ce type de reconnaissance, je n’ai pas l’impression de sauver des vies.
Vous présidez donc Le Concept House, entreprise spécialisée dans l’aménagement intérieur. D’où vous vient cette passion ?
J’ai toujours adoré la décoration, les artisans, les belles matières. Chez moi, je peins les murs, je réfléchis aux travaux et je réemploie de vieux meubles.
Il y a sept ans, un ami m’a proposé de l’accompagner au salon de la cuisine à Milan. Je lui ai dit : "Qu’est-ce que tu veux que j’aille faire là-bas ?" Il m’a répondu : "Viens, tu vas voir. Et prends des robes de cocktail !"
Sur place, je suis tombée de ma chaise. C’était le Festival de Cannes de la cuisine ! J’ai découvert des matières, des agencements, un monde inconnu. Au bout d’une semaine, j’ai dit : "Je vais faire ça."
Comment l’entreprise s’est-elle développée ?
À l’époque, on ne faisait que de l’électroménager très haut de gamme. Quand mon compagnon a quitté la télévision, je lui ai proposé de nous rejoindre. On s’est étoffés. Aujourd’hui, nous sommes spécialisés dans les cuisines, les salles de bains et les dressings. On n’a pas de magasin, on travaille essentiellement avec des architectes.
La cuisine est devenue la place centrale de la maison. Tout s’y joue : la famille, les repas, les réunions par Zoom… C’est un lieu d’échange et de partage.
Travailler avec votre compagnon, c’est facile ?
Au début, on a une petite appréhension, on se dit : "Oh là là, travailler avec son mec…" Mais en fait, c’est cool, ça nous soude.
Quelle est la spécificité de votre entreprise ?
Répondre aux demande de nos clients en termes d'aménagement de leur maison. Être mobiles, à l’écoute, disponibles. Dans 99 % des cas, ce sont des architectes qui viennent vers nous. On les rencontre pour comprendre leur façon de travailler mais j’ai aussi besoin de voir les clients : parfois, leurs envies ne correspondent pas à leur quotidien.
Ils veulent une cuisine très épurée, mais est-ce qu’ils cuisinent ? Si tout est enfermé dans les placards, ce n’est pas forcément pratique. Je cuisine beaucoup, donc je sais que certains agencements ne fonctionnent pas. On peut faire du beau et du pratique en même temps.
Dans les showrooms, on organise des déjeuners : les clients testent le four, voient les matières. Sinon, on vient avec les échantillons.
Qui sont vos clients ?
On fonctionne avec le bouche à oreille. C'est par exemple Julia de Funès qui dit à son entourage : "Ah ben, c’est Cécile qui a fait ma cuisine !", c’est cette cooptation qui fonctionne, le fait que nos clients savent qu'on est sérieux, dispo, qu'on peut nous déranger le week-end…
Parce que je suis une personnalité publique, je n’ai pas le droit de faire n’importe quoi : c’est mon nom qui est en jeu. J’ai une exigence de résultat. Quand il y a un problème, je veux qu’il soit réglé. Je déteste qu’on me laisse sans réponse.
Enfin, je tiens aux prix raisonnables et raisonnés. Parce que je suis une personnalité, on a souvent voulu me vendre les choses au prix fort. Perso, je ne pousse jamais à la vente : je ne supporte pas qu’on le fasse avec moi.
Quelles matières privilégiez-vous ?
Aujourd’hui, entre certains placages en vrai bois et du stratifié, vous ne voyez pas la différence à l’œil nu. Même à des gens qui ont beaucoup d’argent, il nous arrive de dire : "Prenez le stratifié, n’allez pas vous imposer des prix très élevés." Cela fait partie du conseil.
Pour les plans de travail, il y a la céramique, le quartz… Tout dépend du budget et de l’usage. Le stratifié, sur un plan de travail, je ne trouve pas ça joli, mais si quelqu’un me dit qu’il n’a pas les moyens, on lui en mettra. Il existe toutefois des produits accessibles qui durent longtemps.
On travaille avec des entreprises françaises, notamment pour la quincaillerie, et avec l’Italie, le Portugal ou l’Allemagne.
Une réalisation dont vous êtes particulièrement fière ?
La première, dans une maison à Deauville. On était très peu aguerris et c’était un énorme chantier : une cuisine blanche avec des pilastres, des portes cachées donnant sur une arrière-cuisine, des dressings, une bibliothèque… Tout sur mesure. Aujourd’hui encore, je me dis : "Le truc de fou !"
Une cuisine, c’est une partition : le client, le bureau d’études, la production, le transporteur, le poseur… Cela peut durer six mois. Et quand les clients nous invitent à boire un verre après, c'est qu'on a bien travaillé...
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Vous rénovez aussi votre maison de campagne. Comment l’avez-vous trouvée ?
Je voulais un endroit pour respirer le week-end, à moins d’une heure de Paris. Nous avons trouvé dans l’Eure, à la limite des Yvelines.
Lors de la première visite, j’ai eu l’impression d’être déjà venue et que la propriétaire, Christine, était ma grand-mère. Elle nous a accueillis comme si on se connaissait depuis toujours.
Vous parlez d’une maison qu’elle vous a "transmise"…
Christine voulait vendre, mais pas à n’importe qui. Elle nous a choisis, nous a présentés les voisins. Elle revient régulièrement voir ce qu’on a fait. J’aime ce lien : cette maison représente quarante-huit ans de sa vie.
C’est une longère avec un retour. En ce moment, je refais les joints d’un mur. J’ai les doigts brûlés par la chaux, mais quelle satisfaction de dire : "C’est moi qui l’ai fait !"
On a réorganisé les 2 000 mètres carrés de jardin. On y passe au moins douze heures chaque week-end. On fait même l’électricité avec notre voisin, qui nous montre. J’apprends des milliards de choses.
Les travaux sont bientôt finis ?
Ce n’est jamais fini ! Dans le salon, on a découvert une chape d’un centimètre avec vingt centimètres de vide dessous. Il faut la refaire. Ailleurs, une canalisation se bouche et il faut creuser le jardin pour chercher les tuyaux… On découvre sans arrêt des choses.
Quel conseil donneriez-vous à ceux qui veulent refaire leur cuisine ?
Si vous venez d’acheter, vivez un peu dedans pour comprendre vos habitudes. Vous y déjeunez ? Vous voulez que quelqu’un puisse boire un verre pendant que vous cuisinez ? Peut-être faut-il un îlot, si vous avez la place.
Avez-vous besoin de rangement ? La cuisine sera-t-elle ouverte ou fermée ? Dans un petit espace, elle doit être ergonomique. J’en ai vu une où les meubles hauts étaient inaccessibles ! Il faut tenir compte de votre taille : un plan de travail standard n’a aucun sens si vous n’êtes pas à l’aise.
Et pour intégrer du vintage ?
On peut transformer un vieux meuble en îlot central. Nous avions trouvé un ancien meuble d’imprimerie, avec de petits casiers. On l’a fait retaper et on a posé une belle pierre dessus. Dans une cuisine ultramoderne, c’est très beau. Vous avez ainsi une pièce atypique que personne d’autre n’a.
Le Concept House