Le premier bilan de la rentrée radio 2025-2026 vient de tomber, et il confirme une tendance lourde… Les Français boudent de plus en plus les ondes. Les résultats Médiamétrie de septembre-octobre, dévoilés en avant-première par Le Parisien, dressent un tableau tendu où seules quelques stations parviennent à surnager. Les responsables d’antenne ne se cachent plus derrière la langue de bois… "Bienvenue à bord du Titanic", lâche sous couvert d’anonymat une personnalité d’une radio privée. Un dirigeant renchérit, poétiquement fataliste au Parisien : "On a vu les chiffres tomber plus vite que les feuilles des arbres". Chaque jour, 36,8 millions de personnes ont écouté la radio, soit un million de moins en un an. Sur dix ans, 6 millions d’auditeurs ont quitté le média. Un point bas historique. Première radio de France, France Inter conserve la tête du classement mais connaît une rentrée dans le rouge pour la première fois depuis quatre ans. La station passe à 6,7 millions d’auditeurs, soit près de 500 000 de moins. Un contexte fragilisé par les changements de grilles initiés par Adèle Van Reeth, avec notamment le départ de Léa Salamé et l’arrivée de Benjamin Duhamel. Un concurrent relativise cependant : "Il n’y a pas péril en la demeure, même si tout signal d’alarme doit interpeller. On aimerait tous être à leur niveau. Ce qui va compter, c’est la dynamique à venir".
Selon Puremédias, la station tombe à 6,70 millions, perd 450 000 auditeurs et sa PDA chute à 13,4 %. RTL fait partie des rares bonnes nouvelles de cette vague. Après la "pire rentrée de son histoire" en 2024, la station du groupe M6 repasse dans le vert. Avec 5 millions d’auditeurs (+150 000 sur un an), la grille dirigée par Thomas Sotto, Julien Courbet, Laurent Ruquier, Anne-Sophie Lapix ou André Dussollier signe sa première progression depuis 2017. Elle réduit ainsi l’écart avec France Inter et dépasse France Info pour la première fois depuis longtemps. Impossible de passer à côté de l’effet Cyril Hanouna dans cette première vague. Son transfert très observé vers Fun Radio pour occuper l’après-midi a offert au marché l’un des seuls électrochocs positifs de la saison. Présenté comme un pari audacieux, le choix s’est avéré plutôt payant. En effet, Fun Radio frôle désormais les 2 millions d’auditeurs et gagne 143 000 personnes en un an, comme le détaille Puremédias. Cette hausse, rare dans un paysage déprimé, suffit pour intégrer le top 10 des plus fortes progressions.
© Fun Radio
Avec 4,9 millions d’auditeurs, la radio d’Agnès Vahramian enregistre une baisse marginale, autour de 50 000 selon Le Parisien et 76 000 selon Puremédias.
Un score solide au regard de la tempête qui secoue l’ensemble des stations concurrentes et le segment musical est d'ailleurs le plus touché… NRJ tombe, par exemple, à 3,8 millions d’auditeurs, perdant plus de 300 000 fans selon Le Parisien, 365 000 d’après Puremédias.
D'autre part, Europe 1 signe l’une des plus belles progressions du classement, regagnant près de 300 000 auditeurs et atteignant 2,8 millions, selon Le Parisien. Puremédias évoque même +304 000 pour cette antenne dopée par Pascal Praud, Christine Kelly et Dimitri Pavlenko. Longtemps en difficulté, Europe 2 retrouve des couleurs. La station passe au-dessus du million d’auditeurs, une progression soutenue par la matinale de Cauet (7h-11h), qui apporte +116 000 auditeurs. Radio Nova, portée notamment par Guillaume Meurice le dimanche soir, atteint presque le million et signe un record historique malgré un réseau moins dense. Entre désertions massives, progressions spectaculaires et crises internes, la radio traverse l’une des périodes les plus incertaines de son histoire…

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