Dès le début de son entretien, Hélène Ségara montre qu’elle est une femme forte : elle revient, elle se bat, elle avance. La chanteuse, qui fête ses 30 ans de carrière, se confie avec franchise sur la maladie qui bouleverse sa vie depuis plus de dix ans. Une maladie dont elle ignore toujours le nom : "Depuis 2013 vous avez subi une vingtaine d’opérations pour sauver votre vue, vous luttez contre une maladie dont vous ne savez ni la cause, ni le nom" lui rappelle Isabelle Ithurburu. Elle répond simplement : "Non on ne sait pas". Ces mots résument un combat sans certitudes, mais mené avec détermination.
La maladie s’est déclarée brutalement, un matin de 2013, avant de s’aggraver en 2022 au point d’exiger une opération d’urgence. Au fil des années, elle a enchaîné traitements lourds, cortisone et implants, sans jamais renoncer à son désir de scène. Dans son portrait diffusé ce samedi 22 novembre dans 50 Minutes Inside, elle raconte combien cette victoire-là a un goût particulier alors qu’elle revient sur le devant de la scène. "C’est une victoire sur la maladie. À l’époque où j’ai été malade, j’ai fait une tournée qui s’appelait Karma, et je n’ai pas voulu annuler toutes les dates, car je n’ai pas voulu que ma vie se résume à l’hôpital, mais qu’est-ce que j’ai souffert. […] Et là, je me dis que ça va être tout l’inverse."
Aujourd’hui, Hélène Ségara apprend à s’adapter. Quand Isabelle Ithurburu lui demande si elle apprivoise mieux ce handicap, elle répond : "Je vis avec ça, avec une surveillance médicale. C’est un peu compliqué, car je n’ai pas la 3D. Je dirais que je suis un peu plus prudente dans mes déplacements, mais oui j’apprends." Même si l’artiste est lucide sur son état de santé, elle ne se montrera jamais résignée. Elle avance, pas à pas, en tenant compte de ce que son corps lui permet.
Dans ses autres interviews récentes, notamment pour Ciné Télé Revue, elle explique que paradoxalement, les tournages et la scène apaisent ses douleurs. Le fait d’être concentrée, entourée du public et animée par la musique semble repousser la maladie. "Je souffre beaucoup moins qu’avant", confiait-elle, soulignant combien le mental peut jouer un rôle déterminant. Elle ajoute avec sérénité : "J’ai traversé des épreuves difficiles dans ma vie, mais elles ne sont rien à côté du bonheur que je reçois au quotidien."
Cette force intérieure, elle la doit en partie à son parcours. Quand elle évoque Esmeralda, qu’elle a incarnée à 27 ans dans Notre-Dame de Paris, elle se reconnaît encore aujourd’hui dans ce personnage libre et cabossé : "Je suis une femme libre, mais qui en paie le prix. C’est-à-dire que j’ai dépendu de personne dans ma vie […] Donc je sais ce que cela implique et c’est des responsabilités […] je ne changerais rien." Une façon de dire que la maladie n’efface pas le chemin parcouru.
Car malgré les épreuves, Hélène Ségara multiplie les projets : un album de duos, un concert symphonique à la salle Pleyel, et son rôle dans La France a un incroyable talent. Lorsqu’elle parle de son combat, elle le fait sans héroïsme forcé. "Je ne veux pas qu’on me réduise à cette maladie. Elle ne me définit pas", affirme-t-elle. Puis elle précise : "Si j’accepte d’en parler, c’est pour transmettre un message d’espoir et de persévérance."
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