Cinq ans après sa disparition, Jean-Paul Belmondo reste éternellement jeune dans nos mémoires. Son sourire, son énergie, son allure et sa liberté continuent de faire vivre le souvenir de Bébel. À l'occasion de l'exposition qui lui est consacrée à la Cinémathèque française, son fils Paul Belmondo se confie sur l'homme qu'il a connu derrière l'acteur. Lorsque ses parents se séparent, Paul Belmondo n'a que 3 ans et demi. "En fait, je n'ai jamais connu mes parents ensemble", raconte-t-il au Parisien. Pourtant, malgré cette séparation très tôt dans son enfance, le souvenir qu'il conserve de sa famille est loin d'être celui d'une fracture, "Bizarrement, dans mes souvenirs, c'est une seule famille."
La distance était pourtant bien réelle. Avec sa mère, la comédienne Élodie Constantin, Paul vit en Angleterre, tandis que son père part à Los Angeles. Deux pays, deux vies, mais pas le sentiment d'avoir été éloigné de Jean-Paul Belmondo. "Il nous prenait toujours pour les vacances l'été, mais pendant l'année aussi.", indique-t-il avant de poursuivre : "j'ai l'impression que tous les moments passés avec lui sont très proches les uns des autres et il n'y a pas de sensation de distance."
À 12 ans, la relation prend une nouvelle dimension puisque Paul vient vivre auprès de son père. "J'ai habité à partir de 12 ans avec lui", raconte-t-il. Une décision que sa mère aurait prise en pensant à l'équilibre de son fils : "Ma mère a dû penser qu'il me fallait une autorité paternelle."
Cette autorité, Jean-Paul Belmondo l'avait-elle vraiment ? "Oui et non", répond son fils. Le comédien pouvait être "très à cheval sur certaines choses", notamment "être à l'heure, dire bonjour, au revoir, le respect". Des règles simples, mais auxquelles il tenait. Pour le reste, Jean-Paul Belmondo semble avoir privilégié la confiance à la pression. À commencer par l'école. "Du moment que j'y allais, que je ne me faisais pas remarquer, que je n'avais pas de réflexions de mes professeurs, ça lui suffisait.", confie l'ex de Luana. Les résultats scolaires n'étaient manifestement pas sa priorité : "Les notes, il s'en foutait."
Derrière cette apparente désinvolture se cachait une véritable conviction sur la réussite : "Il savait qu'on pouvait réussir autrement dans sa vie." Une phrase qui résume peut-être à elle seule la philosophie de celui qui avait lui-même construit sa carrière loin des chemins tout tracés. Dans les souvenirs du papa de Victor, Giacomo et Alessandro, le père semble ainsi prendre le pas sur la star. Celui qui reste n'est pas seulement le héros de cinéma, mais l'homme des vacances, des règles de politesse, des moments partagés et de cette présence qui, malgré les séparations et les kilomètres, n'a jamais semblé lointaine.