Figure incontournable de la Nouvelle Vague et maître du divertissement populaire, Jean-Paul Belmondo demeure l'un des acteurs les plus chéris des Français. De son insolence magnétique dans À bout de souffle à ses cascades spectaculaires exécutées sans doublure, il a incarné avec une aisance rare un cinéma à la fois exigeant et chaleureux. Au micro de France Inter, son fils Paul - né de son couple avec Elodie Constant - est venu parler du parcours de son papa, à l'aube de l'exposition qui lui est consacré à la Cinémathèque française, cinq ans après sa mort. Une conversation passionnante qui renforce l'idée que l'on se fait du comédien, une légende accessible.
Ainsi, c'est dans un lieu loin des paillettes du show business que Jean-Paul Belmondo voulait qu'on disperse ses cendres : "C'est en Bretagne, à Piriac-sur-Mer. Donc c'est là où il passait ses vacances avec mes grands-parents, avec sa sœur Muriel. Et il adorait cet endroit. Ma grand-mère a aussi ses cendres là-bas. C'est toute son enfance là-bas." Piriac-sur-Mer est une commune de la Loire-Atlantique, elle fait partie du pays de Guérande, un des pays traditionnels de Bretagne. Au XIXe siècle, des personnalités sont venues en villégiature et ont ainsi marqué l'histoire de la commune par leur présence comme Émile Zola, Alphonse de Chateaubriant ou encore Alphonse Daudet. Ce dernier décrit Piriac comme "ce petit village perdu au milieu des rochers, intéressant par son double côté marin et pastoral".
Quand Jean-Paul Belmondo décède le 6 septembre 2021, sa famille s'attache alors à accomplir son souhait, disperser ses cendres à Piriac. Mais le voyage de l'urne funéraire est digne d'un scénario de film comme le relate Paul Belmondo. Impossible de trouver un taxi à Paris pour prendre le train, il doit finir par prendre le métro avec l'urne funéraire. C'est alors qu'un détail le bouleverse. En consultant le trajet, il réalise que la ligne emprunte le pont de Bir-Hakeim, un lieu auquel l'acteur était particulièrement attaché car une scène mythique du film Peur sur la ville y a été tournée. Jusqu'au bout, la vie de Bébel était du cinéma.
En lui consacrant une rétrospective magistrale, la Cinémathèque française, nichée au cœur du parc de Bercy à Paris, rend un hommage vibrant à une carrière hors norme qui s'étend sur plus de cinq décennies. Cette exposition immersive propose une traversée captivante à travers le parcours de celui que la France a affectueusement surnommé "Bébel". Le parcours scénographique embrasse les multiples facettes du comédien, à commencer par ses débuts fulgurants sous la direction de Jean-Luc Godard dans À bout de souffle, rôle fondateur qui bouscula les codes du septième art et imposa sa nonchalance légendaire. Mais au-delà de l'acteur intellectuel des premiers temps, l'exposition met en lumière le virage spectaculaire vers le cinéma grand public des années 1970 et 1980. On y découvre une collection impressionnante d'objets rares, d'affiches d'époque, de scripts annotés et de costumes iconiques qui retracent ses plus grands succès, de L'Homme de Rio au Magnifique, en passant par Le Professionnel ou Borsalino. Des extraits de films restaurés et de rares archives télévisuelles permettent de prendre la mesure de son timing comique imbattable, mais aussi de son immense générosité de jeu.
À l'occasion du lancement de cette exposition, baptisée Belmondo, le Magnifique, plusieurs membres de la famille du comédien ont fait le déplacement à la Cinémathèque de Paris le mercredi 7 octobre 2026, comme son dernier enfant, Stella Belmondo.