Visé par une trentaine de plaintes pour violences sexuelles, Patrick Bruel a été mis en examen pour viol, tentative de viol, agression ou harcèlement sexuel sur quatre femmes, mais aussi placé sous le statut de témoin assisté pour quatre autres. À sa demande, son contrôle judiciaire a été assoupli fin juillet afin de l'autoriser à quitter le territoire français. Une décision qui a fait couler beaucoup d'encre et dont le parquet a depuis fait appel.
L'artiste conteste l'ensemble des faits qui lui sont reprochés et comptait jusqu'ici maintenir sa tournée, dont le coup d'envoi devait être donné le 2 octobre prochain. Ces dernières semaines, plusieurs maires s'étaient publiquement opposés à sa venue dans leur ville, notamment ceux de Chartres, où il devait donner son premier concert, mais aussi de Dijon, Saint-Étienne, Laval, Nancy ou encore Amiens. Les élus ne pouvaient toutefois pas annuler eux-mêmes les représentations. "Une annulation unilatérale constituerait une rupture abusive de contrat et exposerait la collectivité à un risque judiciaire et financier majeur : versement d'importantes indemnités au producteur, remboursement des billets et contentieux dont le coût serait supporté par les contribuables", avait ainsi écrit le maire d'Amiens, Frédéric Fauvet.
Finalement, ce mardi 1er septembre 2026, l'interprète de Qui a le droit a annoncé sur ses réseaux sociaux l'annulation des 35 dates de sa tournée. "J'ai profondément souhaité que cette tournée, prévue à partir d'octobre, puisse avoir lieu. (…) Mais je constate qu'aujourd'hui, cette tournée est devenue autre chose. Elle est devenue l'incarnation d'un débat qui la dépasse. J'ai donc pris la décision d'annuler ces concerts", a-t-il écrit.
Pour Patrick Bruel, "les conditions ne sont tout simplement plus réunies pour que ces concerts restent ce qu'ils auraient dû être : des moments de musique et de partage". Le chanteur dit notamment vouloir protéger les quelque 150 000 spectateurs qui étaient attendus, mais aussi les équipes mobilisées autour de cette tournée. "Je refuse que le public et les équipes soient pris à partie, dans un débat qui n'a rien à faire dans une salle de concert. Et surtout, je refuse de leur faire courir le moindre risque. Alors je fais le choix de l'apaisement", a-t-il expliqué.
L'artiste a par ailleurs une nouvelle fois contesté les faits qui lui sont reprochés, tout en affirmant vouloir laisser la justice faire son travail. "Je me défendrai, je me battrai pour que mon innocence soit reconnue. Je continuerai de répondre à toutes les questions de la justice, qui doit pouvoir travailler sereinement, loin du bruit et loin des pressions. Mais me défendre ne m'empêche pas de prendre au sérieux ce qui est dit. Je sais aussi que cette situation m'oblige à m'interroger, à poursuivre une réflexion personnelle, profonde, et à entendre certaines choses avec toute l'attention qu'elles exigent. Je le fais. Je le ferai", a-t-il assuré.
Patrick Bruel reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés jusqu'à la clôture de ces affaires.