À 97 ans, Hugues Aufray n’a visiblement aucune intention de ralentir le rythme. Toujours aussi passionné par la musique, l’interprète de Santiano continue de monter sur scène pour retrouver son public. Mais ces dernières semaines, le chanteur a dû faire face à un problème de santé qui l’a obligé à modifier ses projets. Victime d’une importante laryngite, il s’est retrouvé dans l’incapacité de chanter et même, pendant plusieurs jours, de parler normalement.
Alors que plusieurs de ses concerts ont dû être reportés, Hugues Aufray a accepté de donner de ses nouvelles dans les colonnes de Ciné-Télé-Revue. Et si sa voix commence aujourd’hui à revenir, le chanteur révèle que cet épisode ne serait pas uniquement lié à un simple rhume. Il raconte avoir traversé une période particulièrement difficile, marquée par une tentative de cambriolage à son domicile. Les conséquences émotionnelles se font encore ressentir. “Ça va mieux. J’ai pris froid à la suite de plusieurs événements”, explique-t-il d’abord au magazine belge. Avant de revenir sur ce qui s’est passé chez lui : “D’une part, il y a eu cet incident avec des gens qui ont essayé de pénétrer chez nous pour nous cambrioler. Ça a été très désagréable, un choc pour ma compagne Murielle. C’était même plus qu’un choc, avec des gens qui ont pénétré dans notre maison, dont l’un avait un couteau à la main.”
Une scène particulièrement angoissante. Le chanteur précise que cette tentative de cambriolage, survenue environ quinze jours avant cet entretien, a finalement échoué. Mais le soulagement de ne pas avoir été cambriolé n’a pas suffi à effacer la peur provoquée par cette intrusion. Comme si cet épisode ne suffisait pas, un autre problème est venu compliquer le quotidien du couple. “Notre chaudière est tombée en panne. On n’avait plus de chauffage, j’ai pris froid. Si on ajoute l’émotion de cette tentative de cambriolage qui, grâce à Dieu, a échoué, mais qui a laissé beaucoup de traces, j’ai développé cette laryngite suite à ça”, confie-t-il. Pour le chanteur, l’accumulation de ces événements a donc joué un rôle dans l’apparition de ses problèmes de voix.
Une épreuve d’autant plus difficile à vivre qu’il n’avait pas été confronté à une telle situation depuis longtemps. Toujours dans ce même entretien, Hugues Aufray ne cherche pas à minimiser la situation. Le chanteur reconnaît avoir été très affecté par cette extinction de voix. “Les mots "angine" et "angoisse" ont la même origine. Les angoisses peuvent provoquer des angines. Je n’en avais pas eu depuis très longtemps et là, d’un seul coup, je me suis retrouvé sans voix pendant quelques jours”, explique-t-il. Il s’agit de son interprétation personnelle de ce qui lui est arrivé. Car au-delà de la gêne occasionnée, le chanteur a véritablement souffert.
“J’ai souffert beaucoup, je ne pouvais pratiquement plus parler. Ça a été une épreuve”, reconnaît-il. Cette situation l’a d’ailleurs contraint à prendre une décision qu’il aurait certainement préféré éviter. Le compagnon de Murielle a été dans l’obligation de reporter plusieurs concerts. Impossible, en effet, de monter sur scène dans de bonnes conditions alors qu’il peinait à parler. “Je n’avais plus de voix, il fallait que je me soigne. C’est ce que j’ai fait”, précise-t-il. Une pause forcée qui semble aujourd’hui avoir porté ses fruits, même si le chanteur n’a pas encore totalement retrouvé ses capacités vocales habituelles. “Là, maintenant, elle est à peu près revenue, même si j’ai une voix qui est encore plus éraillée que d’habitude”, indique-t-il.
Une amélioration suffisamment encourageante pour qu’il envisage désormais de retrouver son public dans les prochaines semaines. Et Hugues Aufray tient justement à rassurer ses admirateurs belges. Malgré cette période compliquée, il confirme sa présence à Wavre, où il doit se produire à la Sucrerie le 24 novembre prochain. Même pendant sa convalescence, l’artiste n’est pas resté totalement éloigné de la musique. Il a trouvé une autre façon de s’occuper en se consacrant à son instrument de prédilection. “J’en ai profité pour travailler la guitare”, raconte-t-il. Preuve que sa passion ne s’arrête pas à son micro.