Prendre soin de son esprit avec la même attention que l’on porte à son corps. Pour Alizée, le sujet n’a plus rien d’un tabou depuis bien longtemps. Révélée sous le feu des projecteurs alors qu'elle n'était encore qu'une toute jeune fille, l'interprète de Moi... Lolita a très tôt appris à se construire des remparts pour affronter la pression. Aujourd'hui installée à Ajaccio, loin de l'effervescence parisienne, l'artiste mène une vie paisible rythmée par la danse, sa vie de famille et ses projets insulaires. Dans une vidéo accordée à Simone, la mère de famille de 42 ans a accepté de lever le voile sur sa santé psychologique, un équilibre façonné par des choix de vie affirmés et un travail intérieur entamé il y a plus de vingt ans.
Pour préserver sa sérénité, la chanteuse compte d'abord sur un ancrage géographique essentiel à son bien-être : "Pour gérer la santé mentale, déjà mon cadre de vie, mon lieu de vie, il fait beaucoup parce que j'habite en Corse. Vivre là où j'ai toujours vécu, vivre au soleil, effectivement, pour notre santé mentale, c'est que du positif." Au-delà de ce décor naturel, c'est aussi dans la solidité de ses liens intimes qu'elle puise son énergie : "Et surtout, je communique beaucoup avec mon mari, avec ma famille, et je ne m'entoure que de personnes positives." Une harmonie familiale complétée par une présence indispensable à son équilibre quotidien : les animaux. "Et je m'entoure de beaucoup d'animaux aussi. Je trouve que les animaux apaisent beaucoup, et on est tous un peu dans ce cas-là, dans la famille", confie-t-elle avec tendresse.
Mais derrière cette façade solaire, Alizée ne cache pas son tempérament anxieux : "Oui, moi, je sais que je suis très cérébrale. Je suis quelqu'un qui réfléchit beaucoup, qui stresse beaucoup." Pour ne pas se laisser submerger par ce trop-plein de pensées, elle a fait le choix très tôt de franchir la porte d'un cabinet de spécialiste : "Moi, je n'ai pas hésité à aller me faire aider, à parler avec quelqu'un. Donc, moi, je suis suivie depuis que j'ai 14 ans, avec un psy. Je trouve que c'est normal. Un humain a besoin de parler avec quelqu'un, avec quelqu'un de neutre." Une démarche initiée avec le soutien bienveillant de sa mère, qui a toujours su jouer un rôle de pilier dans son parcours : "Je sais que moi, ma mère m'a beaucoup accompagnée sur ça. Je sais que j'en avais besoin, et donc, du coup, je l'ai fait. J'ai fait une évolution qui est énorme, et j'ai encore du chemin à faire, comme tout le monde. Mais c'est vrai que par rapport à ma santé mentale, ça a été très, très important d'aller voir quelqu'un."
Si la chanteuse pouvait tout confier à sa mère, la présence d'un professionnel a fait toute la différence : "Moi, je sais que j'avais ma maman avec qui je pouvais en parler. C'était ma confidente. Mais en même temps, j'avais quelqu'un de neutre à côté, avec qui je pouvais tout dire, dont c'est le métier qui pouvait... Enfin, voilà, j'en ai vu plusieurs, et ça m'a vraiment aidée." Un message déculpabilisant qu'elle souhaite désormais transmettre au plus grand nombre : "Et j'encourage tout le monde à le faire, même si on se dit qu'on n'a pas forcément des problèmes. Tout le monde a des problèmes, et tout le monde devrait en parler. Il faut que les gens comprennent que c'est normal, et la santé mentale, c'est très important."