Propriétaire du château des Laitiers situé à Cisai-Saint-Aubin, dans l’Orne, une commune paisible de 183 habitants, Luc Besson a enfin obtenu le verdict concernant l'affaire qui l'opposait à deux chasseurs ayant tué un cerf sur cette vaste propriété rurale du XVIIIe siècle située à environ 400 mètres au sud-ouest de l’église de La Trinité-des-Laitiers. Pour rappel, la bête avait été abattue sous les yeux de la mère du réalisateur qui vit là-bas.
Âgée de 85 ans, elle avait été terriblement choquée par cet incident survenu sur leur propriété de 160 hectares. Invité sur le plateau de BFMTV le 21 janvier, le réalisateur de Dracula a confié que les chasseurs avaient été condamnés pour "chasse non autorisée sur le terrain d’autrui" et "chasse à l’aide d’un engin, instrument, mode ou moyen prohibé". Ils vont devoir suivre un stage de sensibilisation et ils "doivent également verser respectivement 600 € et 1200 € d'amende ainsi que des dommages et intérêts à Luc Besson. Enfin, leur permis de chasse leur avait été retiré pour un an", ajoutent nos confrères du Parisien.
Me Jean-Marc Descoubes, avocat de l'un des chasseurs, "avait plaidé que le terrain où s'était jouée la scène appartenait à une société civile immobilière (SCI) et non pas à Besson, remettant en cause son intérêt à agir. Il déplore que cette première décision de justice soit restée muette sur ce problème, qu'il entend soulever à nouveau", ajoutent nos confrères qui indiquent que les avocats de Luc Besson n'ont pas souhaité s'exprimer face au souhait d'un des chasseurs de faire appel.
"Moi, personnellement, en tant qu’être humain, ils auraient été en taule que ça ne m’aurait pas gêné, mais je sais qu’il y a une émotion qui fait qu’évidemment on aurait envie d’être beaucoup plus dur avec ces gens-là, ces criminels (...) Ma mère qui a 85 ans est chez elle. Ils rentrent dans une propriété, elle leur dit 50 fois en hurlant et en pleurant : ’sortez de chez moi, vous n’avez pas le droit’. Ils ne lui disent pas un mot. Ils sortent une dague, mettent 11 coups de couteau devant elle, et ils partent sans rien dire. Ils laissent l’animal de 300 kilos devant sa porte", avait-il raconté. "Ils ont trucidé l’animal devant moi. J'ai eu l'impression que si je n'avais pas hurlé sur eux, ils ne seraient pas partis", avait de son côté confié sa mère aux enquêteurs.
Contrairement aux propos des chasseurs qui s'étaient défendus en invoquant un "mauvais concours de circonstances" et en affirmant qu'ils avaient simplement trouvé un animal déjà blessé dans "un espace sombre, plein de ronces" et qu'ils avaient simplement souhaité abréger ses souffrances — "L'animal ne se déplaçait pas bien, il boitait", ajoutait le chasseur qui a affirmé que le cerf était "affaibli", "en train de gémir" et "n'avait aucune chance" — le tribunal judiciaire d’Argentan a jugé que le cerf n'était "pas mortellement blessé avant l’intervention des chasseurs et que ces derniers auraient donc dû éloigner les chiens, contacter l’Office français de la biodiversité et protéger l’occupante des lieux", selon nos confrères de Gala.
"Ce sont des barbares et des assassins. On ne peut pas devant une femme comme ça rester insensible. On est en période de vacances, elle a sept petits-enfants, sont-ils à la maison ? Ils ne se posent pas la question. (...) Ils ont 11 chiens qui ne sont pas adaptés à la chasse aux cerfs, et ils n’ont qu’une laisse", a-t-il conclu ajoutant que ce cerf venait "y dormir presque tous les soirs et savait que c'était un endroit sûr". Un jugement bien trop clément pour le cinéaste et compagnon de Sarah Saldmann.
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