Le 25 mai 2011, l'AFP consacrait une dépêche à l'arrivée de Mohed Altrad à la tête du Montpellier Hérault Rugby. Le patron du groupe spécialisé dans le matériel pour le bâtiment confirmait alors devenir l'actionnaire majoritaire du club, avec un apport de 6 millions d'euros sur trois ans. Une première somme de 2,4 millions d'euros devait être investie immédiatement. À l'époque, le MHR était loin d'avoir la situation financière qu'on lui connaît aujourd'hui. Comme le rapportaient nos confrères, le club était confronté à un lourd déficit et risquait une rétrogradation administrative en Pro D2. Mohed Altrad avait donc accéléré son arrivée au capital pour rassurer les instances de contrôle de la Ligue.
"Il fallait rassurer les instances de contrôle (de la Ligue, ndlr) dès vendredi dernier. Le club a besoin d'une stabilité sur le plan du management et en matière financière", déclarait-il alors, dans des propos rapportés par l'agence. Sur le terrain, le contexte était pourtant bien plus réjouissant. Quelques jours après l'arrivée de l'entrepreneur, le MHR devait disputer la première demi-finale de Top 14 de son histoire, face au Racing-Métro. L'équipe était alors dirigée par Fabien Galthié et Eric Béchu.
L'arrivée de Mohed Altrad venait aussi modifier l'équilibre entre les actionnaires. Louis Nicollin, jusqu'alors principal actionnaire et parraineur du club, pouvait notamment revoir à la baisse son investissement, selon une source proche du MHR citée par l'AFP. La question de la gouvernance restait également ouverte.
Depuis ce premier investissement dans le rugby, le groupe fondé par Mohed Altrad a considérablement grandi. Dans un article publié le 10 juillet 2025, Midi Libre revenait sur sa présence dans le classement des 500 fortunes professionnelles françaises de Challenges. Le quotidien régional indiquait alors que Mohed Altrad disposait d'une fortune professionnelle estimée à 6,5 milliards d'euros, en hausse de 600 millions d'euros sur un an. Il occupait ainsi la 20e place du classement et restait la première fortune professionnelle de la région.
Midi Libre précisait qu'il s'agissait bien d'une fortune professionnelle, à ne pas confondre avec une fortune personnelle. Cette estimation correspond notamment à la valeur des parts détenues dans les entreprises.
Mohed Altrad n'a jamais vraiment quitté Montpellier. Sur son site officiel, le groupe rappelle avoir été créé dans la ville en 1985, avant de se développer bien au-delà du secteur du matériel pour le bâtiment. L'entreprise a ensuite multiplié les acquisitions. Altrad cite notamment Hertel, Prezioso Linjebygg et Cape plc, rachetés entre 2015 et 2017 dans le cadre du développement de ses activités de services industriels. Le groupe indique également qu'en 2021, onze acquisitions ont été réalisées, représentant environ 1,7 milliard d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire.
Et le rugby reste une vitrine importante pour le groupe. Sur son site, Altrad présente le MHR comme son "legs rugby", "du local à l'international". La marque est aujourd'hui présente sur le maillot du club, dont le groupe est le Partenaire Officiel.
En 2011, Mohed Altrad arrivait donc dans un club qui avait besoin de renflouer ses finances. Quinze ans plus tard, le lien est toujours là. Le groupe met désormais en avant, au-delà du partenariat avec le MHR, des actions autour de la formation, de la RSE et de l'engagement citoyen. Selon le site officiel d'Altrad, le groupe participe notamment au développement d'un centre d'entraînement et de formation, destiné aux joueurs de différents âges et niveaux.
Une histoire commencée avec 6 millions d'euros annoncés sur trois ans en 2011, alors que Mohed Altrad prenait le contrôle du club, et qui accompagne depuis plus de quinze ans le développement du groupe montpelliérain.