Ce vendredi 9 octobre 2026, la capitale marocaine a vu le souverain réapparaître en public. À 63 ans, Mohammed VI est venu ouvrir la première session de la 12e législature. Ce nouveau Parlement est issu des élections législatives du 23 septembre. Le roi s’est avancé en s’appuyant sur une canne. À ses côtés, son fils Moulay El Hassan, 23 ans, veillait sur chacun de ses pas. Les princes Moulay Rachid et Moulay Ahmed, frères du monarque, faisaient également partie du cortège. Une foule nombreuse l’attendait et l’a salué par de longs applaudissements. Apparu au balcon du Parlement, le roi a adressé un salut à l’assistance avant de rentrer dans l’édifice. Cette cérémonie intervient peu après une décision historique : le souverain a nommé Fatima Ezzahra à la tête du gouvernement. C’est la première femme à occuper ce poste dans le royaume. Dans son discours, il a aussi réaffirmé sa fermeté après les tensions diplomatiques et migratoires survenues en juillet dernier à Ceuta, l’enclave espagnole.
Mais ce sont surtout les ennuis de santé du roi qui retiennent l’attention. Ce n’est pas la première fois qu’il apparaît avec une canne. En octobre 2024, pendant la visite d’État d’Emmanuel et Brigitte Macron, il s’appuyait déjà sur ce soutien. Les médias locaux évoquaient alors “une sciatique”. Le 10 janvier 2026, l’agence MAP a de nouveau fait état de douleurs dorsales. Le médecin personnel du roi parlait d’”une lombosciatalgie mécanique, associée à une contracture musculaire, sans aucun signe de gravité”. Il ajoutait que “ces douleurs au niveau du bas du dos nécessitent, selon la prescription du médecin personnel de Sa Majesté le Roi, un traitement médical adapté et une période de repos fonctionnel”. Le souverain avait d’ailleurs manqué le match d’ouverture de la CAN, le 21 décembre. Son fils, alors âgé de 22 ans, l’avait représenté. Le cœur du roi a aussi été opéré en janvier 2018 à Paris, puis en 2020 à Rabat. Moulay El Hassan, qu’il a eu avec la princesse Lalla Salma, est donc de plus en plus présent à ses côtés. Le couple a divorcé en mars 2018.
Devant les parlementaires, Mohammed VI a posé le cap des années à venir. Selon lui, ce mandat législatif et gouvernemental doit être “un véritable tournant pour un Maroc soucieux de poursuivre son ambition de puissance économique émergente et fiable et tout aussi attaché à trouver un équilibre harmonieux entre les logiques de croissance économique et les impératifs d’une justice sociale et spatiale renforcée”. Le roi a aussi voulu redire son attachement à son pays. Il a repris des mots déjà prononcés à cette même tribune en 2014. “Le sentiment qui m’est le plus cher dans la vie, c’est celui d’être fier de ma marocanité”, a-t-il rappelé.