Avant de devenir Zazie, Isabelle de Truchis de Varennes a grandi à Boulogne-Billancourt, "en face des usines Renault" comme le raconte-t-elle dans une entrevue avec Ici en 2022. Mais une partie de ses souvenirs d’enfance se trouve bien loin de la région parisienne. Pour retrouver ces moments qui l’ont marquée, il faut prendre la direction de l’Ain, et plus précisément de Saint-Sorlin-en-Bugey, près d’Ambérieu et à une soixantaine de kilomètres de Lyon. C’est là que se trouvait le château de son grand-père paternel, Albéric de Truchis de Varennes.
C’est avec une certaine nostalgie, mais aussi beaucoup d’amusement que la chanteuse était replongée dans cette période de sa vie. "Mon grand-père paternel avait un château, n’est-ce pas", racontait-elle en mimant une personnalité de la haute. Un environnement qui pourrait laisser imaginer une enfance particulièrement stricte, rythmée par les codes d’une famille aristocratique. Dans les souvenirs de la coach de The Voice, la réalité était pourtant beaucoup plus libre. Le château de la Durandière était alors essentiellement occupé par son grand-père. Lorsque les enfants arrivaient, les immenses espaces qui les entouraient se transformaient en formidable terrain de jeu. "Bizarrement, oui, on nous lâchait dans le château, on avait une liberté totale de faire n’importe quoi", se souvenait-elle.
Ses journées étaient davantage consacrées aux arbres, aux animaux et à la terre qu’aux usages de l’aristocratie. Avec les autres enfants, Zazie pouvait ainsi tenter des expériences plutôt inattendues. "On a fait de l’élevage de ragondins, enfin on essayait d’attraper des trucs dans les nasses, et on attrapait des ragondins plutôt que des brochets", racontait-elle avec humour. Son grand-père avait également une autre facette. En plus d’être issu de l’aristocratie, Albéric de Truchis de Varennes était fermier et entretenait "un immense potager". Un univers dans lequel sa petite-fille aimait manifestement passer des heures. Celle qui a levé le voile il y a peu sur les réalités de son métier se souvient notamment de ses escapades dans les arbres pour manger les fruits directement sur les branches, au risque de se faire prendre la main dans le sac.
“Je passais ma journée dans les arbres à manger la cerise directement”, racontait-elle. Lorsque sa tante lui demandait ensuite : “Tu as mangé des cerises ?”, la petite Isabelle répondait sans hésiter : “Pas du tout”, alors même, expliquait-elle en riant, qu’elle était rouge jusque sur le visage. Des souvenirs très simples, loin de l’image solennelle que pourrait évoquer une enfance passée dans un château. Albéric de Truchis de Varennes profitait également de ces séjours pour transmettre à sa petite-fille des connaissances beaucoup plus terre à terre. Zazie se rappelle avoir découvert auprès de lui l’existence des doryphores, ces insectes que l’on peut retrouver sur les plants de pommes de terre. "En tout cas, il ne m’apprenait pas que les trucs d’aristo", résumait-elle. Mais à une heure précise, les usages familiaux reprenaient leurs droits.
“À part que quand même il fallait se changer à 19 h, ça ne rigolait pas”, révélait Zazie. La petite fille devait alors abandonner ses vêtements de la journée pour adopter une tenue plus conforme au rituel du soir. Et elle n’en garde pas nécessairement le souvenir le plus confortable : “Donc on arrivait, on se changeait, j’avais des robes qui me grattaient, mais c’est tout.” Derrière ce rituel de 19 heures se dessine néanmoins l’histoire particulière de la famille de la chanteuse. Zazie, de son vrai nom Isabelle de Truchis de Varennes, est la fille d’Hervé de Truchis de Varennes, architecte urbaniste, et la petite-fille d’Albéric de Truchis de Varennes, écrivain et historien. La famille de Truchis possède une histoire ancienne. Originaire de Bourgogne, elle a été anoblie en 1648 avec Pierre de Truchis, écuyer, baron de Lays et Bachelet et avocat au Parlement de Bourgogne. Plusieurs branches se sont ensuite développées au fil des générations.
Le château de la Durandière s’inscrit lui aussi dans une histoire qui remonte à plusieurs siècles. Situé à la sortie de Saint-Sorlin-en-Bugey, du côté de Sault-Brénaz, il a connu différentes transformations. Un premier château avait été édifié au XVIe siècle par Louis Valentin de Bouvens, à l’emplacement des actuelles écuries. L’édifice visible aujourd’hui a ensuite été construit au XVIIIe siècle par M. Trocu de la Croze, avant d’être modifié par le comte de Jonage puis restauré par le baron de Truchis de Varennes. Ces souvenirs familiaux prennent aujourd’hui une résonance particulière pour Zazie. Invitée dans Quotidien le 26 septembre 2026 à l’occasion de la sortie prochaine de son nouvel album Volatil, attendu le 2 octobre, l’artiste de 62 ans a annoncé avoir perdu son père, Hervé de Truchis de Varennes, "assez récemment".