C’est une page historique de la Ve République qui se tourne. L'ancien Premier ministre Lionel Jospin s’est éteint ce dimanche 22 mars à l'âge de 88 ans, a confirmé sa famille à l'AFP ce lundi matin. Si l'homme d'État restera à jamais le visage de la "gauche plurielle", du PACS ou des 35 heures, c'est aujourd'hui l'homme privé que ses proches pleurent.
En janvier dernier, l'ancien locataire de Matignon avait déjà discrètement préparé les esprits en révélant avoir subi "une opération sérieuse", gardant avec pudeur les détails de sa santé déclinante. Une fin de vie discrète, à l'image de celui qui avait choisi de se retirer du devant de la scène après le séisme politique de 2002, épaulé jusqu'au bout par son épouse, la philosophe Sylviane Agacinski.
Loin du tumulte parisien et de la politique, c'est à Ars-en-Ré, dans le nord-ouest de l'île de Ré que Lionel Jospin était ancré. Sa maison rétaise était un véritable cocon d'authenticité, protégé par les murs blancs et les volets typiques de l'île. Qualifiée de "modeste mais charmante" par un agent immobilier qui connaissait bien la maison selon Libération, l'ex Premier secrétaire du Parti socialiste l'avait acquise en 2000.
Loin des micros, les locaux avaient pris l'habitude de croiser sa grande silhouette en train de pédaler à vélo vers le marché local ou de respirer l'air de l'Atlantique. Une retraite paisible et lumineuse, ancrée dans la simplicité, où la figure de la gauche française profitait d'un anonymat retrouvé au rythme des marées. C'est dans cette demeure que Lionel Jospin pouvait recevoir par ailleurs ses deux enfants : Hugo, né en 1973, et Eva, née en 1975. Il les a eus avec Élisabeth Dannenmuller, fille du journaliste et résistant Jean Dannenmuller. C'est après son divorce qu'il épousa en 1994, Sylviane Agacinski, élue à l'Académie française en 2023.
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