À 32 ans, Marcia Higelin trace sa route à sa manière, loin des cases et des attentes. Installée dans le XVIIIe arrondissement de Paris, elle vient de dévoiler mlog, un mini-album intense composé de neuf titres où se mêlent émotions brutes et expérimentations musicales. Un projet profondément personnel, qu’elle décrit comme "Cet EP, c’est un peu Suivez moi dans ma vie, comme un journal de bord musical".
Dès les premières notes, l’univers de Marcia frappe par sa sincérité. Ses textes, eux, ne trichent pas. Elle y aborde des sujets intimes, parfois douloureux, comme les relations, les blessures d’enfance ou encore les violences intrafamiliales. Cette liberté artistique, elle la revendique pleinement. "J’ai une nature extravertie, une sensibilité à la vie intense. Je me reconnais dans des trucs très incarnés, très radicaux", explique-t-elle. Sur scène comme dans ses clips, elle joue avec les codes, n’hésitant pas à brouiller les frontières entre performance, théâtre et musique.
Mais derrière cette personnalité affirmée se cache aussi une histoire familiale singulière. Fille d’un artiste reconnu et petite-fille d’une figure emblématique de la chanson française, Marcia Higelin a grandi dans un univers où la musique était omniprésente. "Je suis née dedans, j’ai toujours chanté", confie-t-elle, évoquant une évidence plus qu’un choix. Pourtant, se construire dans une telle lignée n’est pas toujours simple. Elle en a conscience et l’assume : "Je pense que j’en ai bénéficié. Mais même si je suscite de la curiosité, personne ne me paie pour exister". Une manière de rappeler que, malgré son nom, tout reste à prouver.
S’il est impossible d’évoquer Marcia Higelin sans parler de son héritage, la jeune femme tient néanmoins à nuancer la place qu’y occupe son grand-père, Jacques Higelin. Une figure qu’elle admire profondément, mais avec laquelle elle n’a pas partagé le quotidien. "Je suis fan de Jacques Higelin, de sa musique, mais aussi de son engagement", confie-t-elle avec émotion. Elle garde de lui des souvenirs précieux, notamment quelques moments passés ensemble durant son enfance. Cependant, elle le dit sans détour : "je n’ai pas grandi à ses côtés". Une phrase simple, mais lourde de sens. Jacques Higelin, artiste passionné, n’était pas toujours présent dans son quotidien.
Cette distance n’enlève rien à l’admiration qu’elle lui porte. Au contraire, elle semble même renforcer une forme de fascination. Elle se sent proche de lui, non pas à travers une relation constante, mais par l’héritage artistique et les valeurs qu’il incarnait. Son père, Arthur H, occupe quant à lui une place différente. Présent, mais discret dans son parcours, il veille à ne pas interférer dans ses choix. "Il me laisse faire mon truc, il est très bienveillant et veut que je me sente libre en tant qu’artiste", explique-t-elle.
Elle hérite d’une histoire, mais refuse d’en être prisonnière. Ce qui l’anime aujourd’hui, c’est avant tout de trouver sa propre voix, quitte à déranger ou surprendre.
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