Personne n’oubliera jamais le 1er août 2003, les proches de Marie Trintignant encore moins. Ce jour-là, après avoir été rapatriée de Vilnius où elle se trouvait en tournage, l’actrice de 41 ans succombe à ses nombreuses blessures. Pas d’accident de la route ou d’incidents sur le tournage mais le fruit de la violence de son compagnon d’alors, Bertrand Cantat. Ce dernier aurait asséné des coups de poing à la comédienne, la laissant presque inconsciente dans une chambre d’hôtel. La triste suite, tout le monde la connaît. Marie Trintignant n’en survivra pas et Bertrand Cantat sera jugé et condamné.
Bertrand Cantat est sorti de prison en 2007, sans doute aidé par les témoignages des membres du groupe Noir Désir que l’on aurait sommés de mentir à l’époque. Tout comme celui de Krisztina Rády, que Bertrand Cantat aurait quittée après la naissance de leur deuxième enfant pour vivre son histoire d’amour avec Marie Trintignant. Krisztina Rády a partagé plusieurs années de la vie du chanteur. Malgré leur rupture, elle avait tenu à défendre celui qui était alors accusé d’avoir tué Marie Trintignant. Au procès, Krisztina Rády avait par exemple affirmé que Bertrand Cantat n’avait jamais été violent avec elle. Ce qui était faux mais a sûrement contribué à l’allègement de la peine du leader de Noir Désir.
Pour autant, tout le monde n’en veut pas à Krisztina Rády d’avoir défendu le pire. C’est en tout cas le cas de Richard Kolinka, batteur du groupe Téléphone avec qui Marie Trintignant a eu un fils, Roman aujourd’hui âgé de 38 ans. Dans De rockstar à tueur : le cas Cantat, Richard Kolinka témoigne : “Elle a été admirable pour lui, je ne lui en voudrais jamais. C’était le père de ses enfants, elle protégeait le père de ses enfants et jamais je ne lui en voudrais d’avoir caché certaines vérités.” Et ce, même si ces vérités auraient pu changer le cours des choses (Krisztina Rády a mis fin à ses jours en 2010, six mois après avoir averti ses parents de la violence de Bertrand Cantat et son corps a été retrouvé par son fils de 12 ans).
Richard Kolinka ne se contente pas d’évoquer Krisztina Rády sans ses propos mais il revient sur toute l’affaire et notamment sur le déroulé des faits et la violence dont a fait preuve Bertrand Cantat sur Marie Trintignant, “dans un sale état” quand Richard Kolinka est allé la voir à l’hôpital : “Quand on apprend qu’elle morte sous les coups, on imagine… C’est un mec qui a des paluches énormes, des bagues énormes et moi quand je suis allé… J’ai pas envie de parler de ça mais je vous dis, j’aurais pu le tuer.”
D’ailleurs, hors de question pour lui d’entendre le moindre pardon de la part de Bertrand Cantat. Lors du procès, le chanteur avait prononcé des excuses qui ont laissé tout le monde de marbre, surtout Richard Kolinka : “C’est facile de demander pardon. Je m’en fous de son pardon mais vraiment je m’en fous royalement” rappelant que la condamnation, aussi longue fut-elle, n'aurait pas ramené Marie Trintignant à la vie.
Autant dire que voir l’homme qui a tué la mère de votre fils revenir sur le devant de la scène comme si de rien n’était est difficile à digérer. Pourtant, sa peine purgée, plus rien n’empêche Bertrand Cantat de reprendre le cours de sa vie aux yeux de la loi. Sauf que pour beaucoup, ce retour à la vie normale n’est pas ce qui était espéré : “J’aurais préféré ne plus entendre parler de ce mec. Il ne se rend pas compte de ce que ça fait de voir sa gueule. Il n’en a rien à foutre. Il passe au-dessus de tout ce monsieur [...]. C’est un mec méprisant" a déclaré Richard Kolinka. Un avis qu'il n'est sûrement pas le seul à avoir...
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