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Mort de Joao Gilberto (A Girl from Ipanema), doux génie de la musique du Brésil

Pionnier de la bossa nova, star dans les années 1960 après sa rencontre avec Stan Getz, Joao Gilberto a fini sa vie dans la pauvreté et la solitude. Son fils a annoncé sa mort, alors que la maladie le dépouillait ces dernières années de ses facultés.

Pionnier de la bossa nova et voix impérissable, d'une langueur enjôleuse, du classique The Girl from Ipanema (A Garota de Ipanema), Joao Gilberto est mort à l'âge de 88 ans le 6 juillet 2019 à Rio de Janeiro, au Brésil.

Son fils Joao Marcelo en a fait l'annonce sur les réseaux sociaux, évoquant avec pudeur la maladie qui a abîmé les derniers moments sur terre du grand musicien brésilien. "Mon père est décédé. Son combat était noble, il a tenté de conserver sa dignité alors qu'il perdait son autonomie", a-t-il ainsi écrit sur Facebook. Et d'ajouter : "Je remercie ma famille (mon côté de la famille) d'avoir été là pour lui", allusion à peine voilée à la situation tumultueuse du clan. Deux des trois enfants de Joao Gilberto, Joao Marcelo, fils qu'il a eu avec sa première épouse Astrud (qui avait enregistré avant lui The Girl from Ipanema), et Bebel Gilberto, fille issue de son deuxième mariage (avec la chanteuse Miucha), étaient en conflit déclaré avec la dernière épouse de leur père, Claudia Faissol, une journaliste 40 ans plus jeune que lui. Ils tenaient cette dernière pour responsable de la ruine de Joao Gilberto, l'accusant d'avoir abusé de sa faiblesse physique et mentale et de lui avoir fait signer des contrats alors qu'il n'était pas en pleine possession de ses facultés. Bebel avait d'ailleurs obtenu en 2017 la mise sous tutelle de son père, qui, du fait de sa phobie sociale, vivait depuis des années reclus - et notoirement en pyjama une grande partie du temps. C'était même sa tenue dans une vidéo de 2015, sa dernière apparition connue du public, dans laquelle il chantait The Girl from Ipanema à sa plus jeune fille en s'accompagnant à la guitare.

Un génie autodidacte... qui a fini seul et ruiné

Né le 10 juin 1931 à Juazeiro, dans l'Etat lointain de Bahia (nord-est), Joao Gilberto Prado Pereira de Oliveira avait reçu sa première guitare à 14 ans, offerte par son père, un commerçant aisé, et avait formé son premier groupe, Enamorados do Ritmo ("Amoureux du rythme"). Parti en 1947 à Salvador de Bahia, il avait abandonné ses études pour se consacrer à la musique, faisant ses débuts à 18 ans comme crooner pour Rádio Sociedade da Bahia. Il avait ensuite gagné Rio de Janeiro, où il avait enregistré ses premières chansons. L'AFP raconte ainsi cette période : "Dans un appartement de Copacabana, la nouvelle vague, "bossa nova" en argot carioca - poètes, musiciens -, se réunit chez Nara Leao, une petite chanteuse de 14 ans. Il y a là Vinicius de Moraes, Newton Mendonça, Carlos Jobim et un jeune homme timide, Joao Gilberto. Les deux premiers composent, le troisième écrit et le dernier chante de sa voix timide. C'est un chuchotement, un souffle, "la dernière étape avant le silence", disent les critiques. Seul sur son tabouret, avec sa guitare, il invente "la batida", un rythme sensuel et impose le "canto falado", le chant parlé. Le 10 juillet 1958, il enregistre Chega de saudade et Desafinado, manifestes de cette nouvelle vague." Son art avait triomphé des réticences de son père, qui, désapprouvant la manière de chanter de son fils et son refus de se trouver un "vrai" travail, l'avait envoyé en 1955 dans un hôpital psychiatrique, dont Joao Gilberto avait été libéré au bout d'une semaine.

Perfectionniste jusqu'à la névrose, qui alla jusqu'à faire 28 prises de Rosa Morena en studio pour obtenir la prononciation souhaitée et qui avait même assigné en justice la maison de disques EMI pour des rééditions de ses oeuvres dont il jugeait le mastering indigne, Joao Gilberto a vécu une fin de vie compliquée. Expulsé en 2011 de l'appartement qu'il occupait par sa propriétaire, qui n'était autre que la comtesse Georgina Brandolini d'Adda, styliste et ex-muse de Valentino, il s'était trouvé ruiné après l'annulation de concerts et a fini dans le dénuement le plus total et esseulé.

Pour autant, son héritage est inestimable, comme le souligne bien la chanteuse brésilienne Gal Costa dans un communiqué endeuillé : "Joao a changé la musique du monde pour toujours. Il a enseigné la délicatesse au Brésil, il a apporté la modernité. C'est une perte irréparable."

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