Invitée de Nagui dans l'émission Les ailes de géant sur France Inter, la chanteuse Zazie a livré un récit bouleversant en repensant aux effroyables attentats qui ont frappé la capitale et Saint-Denis le 13 novembre 2015, à l'approche du onzième anniversaire. Plongée soudainement au cœur du drame, après avoir récupéré sa fille en scooter, la star de la chanson décrit un paysage d'une horreur inouïe : “Ce moment-là en fait, c’est une scène de guerre. Mais, c’est une scène de guerre qu’on n'a jamais vue. Et en plus, j’arrive dans le silence. J’arrive, je crois… On a calculé, c’était 15 ou 20 secondes après que la mitraillette a fait ses dégâts”.
Dans un premier temps, l'artiste titulaire d'un brevet de secourisme envisage de poser son deux-roues pour apporter son aide ou apporter un peu de réconfort aux victimes. Mais une réaction de son adolescente vient subitement suspendre le temps : “Et puis ma fille qui, avec qui une question, elle avait 13 ans à l’époque, me dit : “Maman est-ce que c’est du vin ou … ?” et qui ne finit pas le mot. Et moi qui mets un temps infini à lui répondre, trop de temps. Mais on était vraiment là, dans cet état arrêté. Je lui ai dit : “Je ne pense pas””. En voyant sa fille complètement sonnée face à cette vision effroyable, l'instinct de protection prend alors le dessus : “Je la sens à deux doigts de s’évanouir et là je me dis : “Ok faut que je me barre” parce que je ne sais pas où ils sont et que je sentais bien que c’était pas normal ce qui était en train de se passer”.
Une fois parvenues à leur domicile, le cauchemar et la sidération se sont prolongés. Zazie se souvient avec émotion du choc traumatique ressenti par Lola : “Ce qui était terrible, c’était la deuxième peine c’est quand ma fille… On est rentrées. Elle a appelé. Il fallait qu’elle réagisse. Elle était pâle, elle avait froid. Je n’arrivais pas à la “réanimer” entre guillemets. Et moi j’avais un peu de mal avec ça”. Prise par le doute et le besoin d'obtenir des réponses concrètes au milieu de la confusion générale, la chanteuse allume alors la télévision : “Et je pense que c’est la première fois que j’ai mis BFM très vite, très mal, parce que je me suis dit : “On va le savoir avant. On va le savoir dans le désordre mais on va le savoir”.
Dans l'incompréhension totale des événements qui venaient de se dérouler sous leurs yeux et dans l'attente d'en savoir plus, la mère et la fille tentent désespérément d'alerter leurs proches au téléphone : “Pendant une demi-heure, elle et moi, on a passé des coups de fil : “Ne sortez pas de chez vous, on ne sait pas ce que c’est, c’est peut-être un règlement de comptes””. Malheureusement, la jeune fille se heurte d'abord au scepticisme de ses interlocuteurs : “Elle n’a pas été crue pendant une demi-heure. Elle n’a pu s’endormir que quand il y a eu les images en disant : “Ok j’ai pas rêvé ce cauchemar””.
Pour Zazie, ce souvenir reste indélébile : “C’était très questionnant. Évidemment, dans ces cas-là c'est le ventre qui parle et donc c’est la protection de Lola”.