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Nicolas Sarkozy, mis en examen : ''Je suis profondément choqué''

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Interview de Nicolas Sarkozy sur Europe 1 et TF1 : l'intégrale, le mercredi 2 juillet 2014

"J'ai estimé que la situation était suffisamment grave pour que je dise aux Français ce qu'il en était de l'instrumentalisation politique d'une partie de la justice aujourd'hui", a déclaré Nicolas Sarkozy au début de son interview enregistrée dans l'après-midi du mercredi 2 juillet. Réalisée par Gilles Bouleau et Jean-Pierre Elkabbach, et diffusée à 20h sur Europe 1 et surTF1, cette dernière a réuni 9,1 millions de téléspectateurs. L'occasion pour l'époux de Carla Bruni de s'exprimer après avoir été placé en garde à vue, mardi 1er juillet 2014, pendant quinze heures à l'Office anticorruption (Oclciff) de la police judiciaire - une première pour un ancien président de la République - et mis en examen pour des faits présumés de "recel de violation du secret professionnel", "corruption" et "trafic d'influence actifs". "Les Français doivent en toute liberté juger de ce qu'il en est. Je veux dire cette vérité", a-t-il confié devant les deux journalistes.

"Je suis profondément choqué"

Libéré dans la nuit de mardi à mercredi 1er juillet, après quinze heures de garde à vue, Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour ces faits présumés, selon le parquet. Hier - rasé de près pour la première fois depuis qu'il n'a pas été élu en mai 2012, un signe ! -, il a pu profiter de cette interview diffusée sur Europe 1 et TF1 pour s'exprimer après un très long silence médiatique. Il a alors assuré que tout était fait pour donner une image de lui non conforme à la vérité : "Il était venu le temps pour moi de m'expliquer, de prendre la parole. La nuit dernière qui me fut réservée m'a convaincu de le faire ici et maintenant." "Profondément choqué", il a continué ainsi : "Je veux dire à tous ceux qui m'écoutent ou qui me regardent que je n'ai jamais trahi leur confiance, que je n'ai jamais commis un acte contraire aux principes républicains ou à l'état de droit. Je suis profondément choqué de ce qu'il s'est passé. Je ne demande aucun privilège et si j'ai commis des faits, j'en assumerai toutes les conséquences. Je ne suis pas un homme qui fuit ses responsabilités.

"Il y a eu une volonté de m'humilier"

Nicolas Sarkozy – choqué par la longueur de cette garde à vue, quinze heures face à des policiers, sans avocat – a ensuite dû s'exprimer face à deux magistrats. Selon l'ancien champion de l'UMP, il s'agit là d'un acharnement, d'une volonté d'humiliation et de manipulation politique. "Est-il normal que je sois placé en garde à vue pendant quinze heures pour répondre aux questions des juges pendant deux heures. Ne pouvait-on pas me convoquer simplement pour répondre aux interrogations ?, s'interroge Nicolas Sarkozy, scandalisé par les méthodes utilisées. Il y a eu une volonté de m'humilier en me convoquant sous le statut de la garde à vue. Ces chefs d'accusation sont grotesques et je vais vous en donner la preuve." Évoquant ici les deux magistrats qui l'ont interrogé à l'issue de la garde à vue, il a déclaré que "ces deux dames" lui ont signifié trois motifs d'examen sans même lui avoir posé de questions au préalable, mettant ainsi en doute leur impartialité. Il a indiqué qu'il s'agissait de magistrats appartenant au Syndicat de la magistrature, ce même syndicat, qui, sous le nom de son président, lui avait envoyé une lettre, reçue le 2 mai 2012, veille des élections présidentielles, dont il a lu un bref extrait. L'extrait dévoile les accusations du Syndicat de la magistrature à son égard : "dégrader la loi", "travestir la réalité judiciaire".

Alors, s'agit-il ici de la "revanche des petits pois" ?, comme le lui a demandé Jean-Pierre Elkabbach lors de cette interview filmée. Le journaliste d'Europe 1 a en effet rappelé l'épisode des "petits pois", datant d'octobre 2007. Président de la République à cette époque, Nicolas Sarkozy avait ainsi qualifié les magistrats sur France 2, provoquant la colère de certains juges qui avaient ouvert un contentieux. "Tout justiciable a le droit à un juge impartial, a alors déclaré l'ancien chef de l'État. Qui aimerait avoir, pour trancher un différend entre lui et la justice, un magistrat dont l'obsession politique est de détruire la personne qu'il doit instruire à charge et à décharge ?" À la question de savoir s'il demanderait à faire dessaisir ces magistrats, l'homme politique de 59 ans n'a pas voulu répondre, déclarant simplement : "Ne confondons pas une petite minorité militante et l'ensemble des magistrats..."

"Est-ce que c'est parce que c'est moi que tout doit être permis ?"

Redevenu un justiciable comme les autres depuis sa défaite face à François Hollande, l'ex-président (2007-2012) a été mis en examen, les juges pensant avoir réuni contre lui des "indices graves et concordants". Les faits qui lui sont reprochés ? Les enquêteurs cherchent à établir si l'ancien chef de l'État a tenté d'obtenir des informations auprès d'un magistrat de haut rang, Gilbert Azibert (également mis en examen, tout comme l'avocat historique de l'ancien élu, Me Thierry Herzog), sur une décision de justice le concernant, en échange de la promesse d'un poste de prestige à Monaco (ce que la principauté a fermement démenti). La cour de Cassation devait se prononcer sur la saisie de ses agendas présidentiels, à laquelle Nicolas Sarkozy s'opposait. Ces agendas étaient susceptibles d'intéresser les juges enquêtant sur d'autres dossiers, notamment l'affaire de l'arbitrage Tapie. Au sujet d'indices obtenus grâce à une mise sur écoute, Nicolas Sarkozy s'est exprimé très clairement. "Les Français doivent comprendre que j'ai été mis sur écoute depuis septembre 2013 pour des faits supposés, d'argent versé à monsieur Kadhafi en 2007, absurdes. Est-il normal qu'il n'y ait aucune indice grave et concordant contre moi ?, s'est interrogé Nicolas Sarkozy. Est-il normal qu'on poursuive les écoutes ? Est-ce que c'est parce que c'est moi que tout doit être permis et autorisé ?" Et d'ajouter : "Il y a une instrumentalisation de la justice." Au passage, il a évoqué Jérôme Cahuzac, poursuivi dans une importante affaire de fraude fiscale "il n'a pas fait une seconde de garde à vue"...

Après être revenu sur l'affaire Taubira et les déclarations de Manuel Valls à son sujet lorsqu'il était encore ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il avait obtenu un non-lieu dans l'affaire Bettencourt : "J'ai accepté et enduré 22 heures d'interrogatoire. C'est scandaleux !" Au sujet de l'affaire Bygmalion, il a rappelé que sa "campagne [de 2012] n'avait pas coûté un centime au contribuable", et qu'il "n'y a jamais eu le moindre système de double facturation". "Si la justice avérait que la société Bygmalion a prélevé de l'argent à l'UMP sans raison, les dirigeants de l'UMP seraient alors en droit de déposer plainte", a indiqué Nicolas Sarkozy.

"Je n'ai rien à me reprocher, vous m'entendez ? Rien"

Cette interview pour Europe 1 et TF1 a permis à Nicolas Sarkozy de "prendre les Français à témoin". "Je suis seul avec le soutien de millions de gens qui ont voté ou pas voté pour moi mais qui sont scandalisés de ce qu'il s'est passé", a-t-il confié. Et d'assurer : "Je n'ai rien à me reprocher, vous m'entendez ? Rien. Ni là ni dans d'autres affaires. Quand on a une certitude de son innocence, on n'a pas peur de s'exprimer."

"Je ne suis pas un homme qui se décourage devant les vilenies et les manipulations"

Alors le chef de l'État, soutenu sans relâche par son fils Louis, revenu à Paris pour le soutenir - il a dîné hier soir avec ses fils dans son restaurant italien préféré, chez Rebellato, rue de la Pompe à Paris - renoncera-t-il ? C'est ce qui lui a demandé Jean-Pierre Elkabbach. Et se présentera-t-il malgré tout à la présidence de l'UMP lors du congrès prévu fin novembre ? Nicolas Sarkozy a répondu : "Quand on emploie des méthodes indignes, c'est plus humiliant pour l'auteur de ces méthodes que pour celui qui en subit les conséquences. Pour moi, la question de savoir si l'on renonce ne se pose pas. Vis à vis de mon pays, j'ai des devoirs et pas des droits. Je regarde l'état de la France, et je connais l'inquiétude des Français et leur souffrance." Est-il donc prêt à relever le défi ? : "N'anticipez pas la décision que je serai amené à prendre... Je ne suis pas un homme qui se décourage devant les vilenies et les manipulations politiques", a-t-il conclu.

Une interview filmée par nos confrères d'Europe 1 et TF1 à retrouver dans notre player vidéo, dans son intégralité.

Rappelons que Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog et Gilbert Azibert sont présumés innocents jusqu'au jugement définitif de l'affaire.

Chloé Breen

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