Une Parisienne de coeur. Née en Haute-Savoie, Nicoletta a rejoint Paris au tournant des années 1960, travaillant comme disc jockey dans quelques-uns des clubs branchés du quartier de Saint-Germain-des-Prés. La suite, on la connaît : repérée par un directeur artistique de la maison de disques Barclay, la jeune artiste née d'une mère déficiente mentale a enregistré sa première chanson à succès en 1967, Il est mort le soleil, plus tard interprétée par Ray Charles et Tom Jones. S'ensuivra une ribambelle de titres devenus depuis des standards incontournables du patrimoine musical français, à l'instar de Mamy Blue, La Musique ou encore Ma vie c'est un manège.
La chanteuse "bleu, blanc, blues" a déménagé plus d'une fois entre deux tournées de concert. Voilà aujourd'hui plus de 20 ans qu'elle réside dans un somptueux duplex au coeur du 16e arrondissement de la capital. Ce havre de paix baigné de lumière, la chanteuse qui fait aujourd'hui un état des lieux intraitable de Paris l'a choisi spécifiquement pour son emplacement : sa proximité avec le périphérique facilité ses déplacements hors de Paris. De toutes les pièces qui composent son appartement, Nicoletta préfére son salon de musique. Certainement parce que c'est là que trône son piano à queue dont elle a fait l'acquisition il y a plus de 30 ans. "C'est de loin mon objet favori, quitte à devoir m'asseoir par terre", s'en amuse-t-elle dans une interview accordée au média Côté Maison, en 2014. Un instrument "indispensable et très précieux" chargé de souvenirs.
Si son piano vaut une petite fortune, Nicoletta ne le considère pas comme une pièce de musée. "Je ne suis pas maniaque et j'y pose des cadres avec des photos, même mon chat y monte dessus", assure-t-elle dans cette même interview. Pour autant, la compagne de Jean-Christophe Molinier ne néglige pas son entretien : "Ma seule hantise aussi bien pour le piano que ma gorge, c'est la poussière... D'ailleurs quand j'ouvre les fenêtres, c'est uniquement par le côté cour". Il faut dire que plus de dix doigts ont pianoté sur ces 88 touches en plus de trois décennies de bons et loyaux services. "Tous les pianistes qui m'accompagnent viennent répéter ici. Véronique Sanson a joué dessus ; mon fils y a appris ses premières gammes... Je ne pourrais pas m'en séparer", raconte Nicoletta.
Son autre marotte ? Les lampes. "Je les réalise en choisissant des abat-jours plissés à la main, puis je les monte sur des pieds anciens que j'achète aux Puces. J'en ai déjà confectionné une dizaine, dans des tons de ocre et jaune. Ça me coûte cher mais je me fais de petits cadeaux ! Il faut surtout bien les nettoyer pour éviter que la poussière ne les endommage", révèle la mère d'Alexandre Chappuis, fruit de son histoire d'amour passée avec un bijoutier suisse. Une passion qu'elle cultive dans l'ombre de la Ville Lumière.