La France a perdu une personnalité politique majeure : Edouard Balladur. L'ancien Premier ministre et proche de Nicolas Sarkozy est mort le 31 août 2026 à l'âge de 97 ans, laissant une carrière de premier plan. Chef du gouvernement à la suite de la large victoire de la coalition de droite aux élections législatives de 1993, il a dû s'incliner devant la candidature d'une autre figure éminente de son parti, Jacques Chirac.
A cette époque, Edouard Balladur avait d'ailleurs rendu publique l'état du patrimoine qu'il possédait avec son épouse, Marie-Josèphe Delacour, décédée en 2025 des suites d'une longue maladie et mère de ses quatre fils Pierre, Jérôme, Henri et Romain. C'est ainsi qu'on y apprenait en détails que M. et Mme Balladur avaient acheté "un appartement à Paris boulevard Delessert, acquis le 28 novembre 1972 pour 800 000 francs à l'aide d'un prêt de 300 000 francs et un apport personnel de 500 000 francs".
Des informations rigoureuses car elles provenaient d'un communiqué de son comité de campagne, qui se voulaient transparent à l'époque de sa course à la présidence. Le journal Le Monde les a relayées en ajoutant que "cet apport venait pour l'essentiel de la vente d'un appartement sis à Paris, rue de Civry".
C'est depuis cet appartement qu'Edouard Balladur recevait parfois des journalistes, comme celui de Paris Match Jérôme Béglé. Directeur de la publication du magazine, il se souvient, à l'aune de la disparition du politique, de son prestigieux lieu de vie : un vaste appartement bourgeois situé sur le boulevard Delessert, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, au cœur du quartier de Passy.
Niché dans cet axe réputé pour son calme et sa proximité immédiate avec les jardins du Trocadéro et la tour Eiffel, le domicile constituait l'ancrage parisien historique du couple et de leur famille. Conçu dans le style des grands immeubles haussmanniens et de standing de l'ouest parisien, cet intérieur classique servait de cadre à la fois intime et politique, où Édouard Balladur aimait recevoir ses proches conseillers tout en y menant une vie de quartier discrète, ponctuée par ses habitudes de promenades quotidiennes dans les environs.
© BestImage, BERTRAND RINDOFF PETROFF / BESTIMAGE
La décoration - pourpoints, tentures, meubles lourds, moulures, moquettes et tapis - pouvait paraître surannée. L'Express va plus loin en décrivant "un appartement funèbre éclairé en 110 volts et meublé Napoléon III". Cependant, ces lieux avaient accueilli de grands noms comme celui de Georges Clemenceau. Il y a vécu jusqu'à sa mort en 1929 et avait donc lui aussi regardé à travers les fenêtres du grand salon de réception qui donne sur un jardin placé entre un immeuble en pierre de taille et le mur d'enceinte de la prestigieuse école Franklin. Depuis ce bâtiment, Edouard Balladur profitait lui du quartier du Trocadéro, de la rue de Passy et du marché couvert non loin de là.
D'après le calcul du Monde après les éléments communiqués en 1995 par l’équipe du candidat sur son patrimoine, on pouvait estimer à 21 millions de francs (3 millions d'euros) la fortune d'Edouard Balladur à l'époque. Il possédait par ailleurs une maison à Deauville, acquise en 1978, un chalet à Chamonix mais aussi 1/8 d'une exploitation agricole à Solutré. Mais qu'on se le dise, le communiqué précise que "pour l'essentiel, ces biens sont la propriété de madame Balladur et lui proviennent de sa famille", des industriels de Saône-et-Loire. Des biens qu'il avait tardé à révéler publiquement, de peur que cela ne l'éloigne encore plus de la réalité des Français dont il voulait le vote. Edouard Balladur n'aura toutefois pas eu le loisir bien longtemps de vivre la campagne électorale, réalisant en 1995 lors du premier tour de la présidentielle 18,58 % des suffrages exprimés contre 20,84 % pour Jacques Chirac et 23,30 % pour le socialiste Lionel Jospin.