Réputée très difficile à sonoriser depuis son ouverture il y a neuf ans, la Plenitude Arena surprend enfin par son acoustique. Le son est bon partout, du parterre aux derniers gradins. Le secret se cache au plafond, avec 90 enceintes de nouvelle génération signées L-Acoustics. “L'objectif est que le spectateur du dernier rang ait la même expérience sonore que celui du premier”, résume Alex Capponi, directeur des applications de l'entreprise française au Parisien. Aux commandes, les deux ingénieurs historiques de la chanteuse, Denis Savage et François “Frankie” Desjardins, ont opté pour un système précis plutôt que puissant. “Plutôt que de mettre un système géant qui pousse fort les volumes, on a préféré en mettre un peu plus partout, pour avoir un son plus précis”, explique le premier. Un logiciel baptisé Source Intelligence élimine aussi les bruits parasites du micro, ce qui ménage la voix de l'artiste. “C'est extraordinaire. Sa voix, c'est ce qui m'inquiétait le plus en arrivant ici. Et dès le premier soir, la balance était bonne”, confie Denis Savage. Le volume reste “raisonnable”, autour de 100 dB.
Cette réussite technique sert un retour très attendu. Le 12 septembre 2026, Céline Dion remontait sur scène pour un vrai spectacle, avec une grande question en tête : aurait-elle gardé les moyens vocaux à la hauteur de sa légende ? Dès les premières mesures d'On ne change pas, l'émotion l'a forcée à s'interrompre un instant. L'AFP a noté quelques hésitations au début, mais la chanteuse a vite repris la main. Elle est restée sur scène près de deux heures trente, pour environ vingt-sept chansons. Le public attendait surtout All By Myself, et la fameuse note est arrivée vers la fin, quand la fatigue aurait pu peser sans qu'il n'en soit rien. Avant la première, une source présente aux répétitions affirmait que sa voix était “revenue comme avant”. À 58 ans, après six ans d'absence et un combat contre le syndrome de la personne raide, elle a prouvé qu'elle gardait puissance et souffle.
Son ingénieur du son en est encore ému : “C'est un miracle qu'elle soit là et aussi tellement d'efforts de sa part. Avec Céline, on se connaît depuis si longtemps, on se dit tout. C'est comme ma petite sœur. Et on veut que tout soit bien pour elle. Je pense que ce sont les concerts les plus importants de sa vie”.
Avant chaque concert, Céline Dion ne manque jamais un petit rituel. En plus de porter une pièce Boucheron en lien avec lui, en coulisses, elle serre une réplique en latex de la main de son mari, René Angélil. Ce geste, qui lui porte bonheur, avait été révélé par un reportage de CBS News diffusé en octobre 2016. La main n'a pas été fabriquée après sa mort. Quand René, atteint d'un cancer de la gorge, était trop faible pour l'accompagner, elle avait trouvé ce moyen de l'avoir près d'elle. Après sa disparition, le 14 janvier 2016 à 73 ans, le geste est devenu un lien précieux. “Je vais me coucher avec lui, je vais sur scène avec lui”, confiait-elle alors, se disant toujours mariée à lui. Mari, manager et pilier de sa carrière, René lui répétait une phrase devenue leur devise : “The show must go on”, soit “le spectacle doit continuer”. Six ans après, sous les projecteurs de Nanterre, la chanteuse l'applique plus que jamais.