Tout le monde s'est déjà posé la question sans jamais vraiment chercher la réponse. Combien gagne un auteur sur un livre vendu en librairie ? Fabien Olicard, lui, a décidé d'y répondre clairement.
Dans un reel publié sur Instagram, le mentaliste et écrivain que l'on a pu voir dans Les Traîtres sur M6 (saison 5) a sorti sa calculatrice pour démontrer, chiffres à l'appui, la réalité économique d'un ouvrage vendu en format poche. Son cobaye ? Son propre livre, La Harpe des quatre saisons. “Ce livre, il est vendu 8 euros TTC”, annonce-t-il d'emblée. Il commence par déduire la TVA : “Ça fait 7,58 euros hors-taxe.” Puis vient le calcul fatidique. “7,58 x 8%, parce que c'est ce que touchent les auteurs sur les formats pocket, ça fait donc 60 centimes. 60 centimes, c'est ce que je vais percevoir en brut en termes de rémunération d'auteur.” Mais ce n'est pas fini. Il faut encore soustraire les charges et cotisations sociales propres au statut d'auteur. Résultat : “On pourrait dire que je garde à peu près 75% de cette somme.” Soit environ 45 centimes, qu'il arrondit lui-même à 50.
Mais ce n'est toujours pas le chiffre final. Il faut encore déduire l'impôt sur le revenu. “Il restera entre 25 centimes à quelqu'un qui est imposé au max, et 45 centimes à quelqu'un qui n'est pas soumis à l'imposition”, explique-t-il. En coupant “la poire en deux”, il conclut : “Il me reste à peu près 35 centimes par livre”.
Un chiffre qui fait réfléchir. Mais Fabien Olicard tient à replacer les choses dans leur contexte. “Ce n'est pas des projets qu'on fait pour devenir richissime. Il y a d'autres manières, je pense, de devenir riche, qui ne nécessitent pas d'avoir son image publique, qui ne nécessitent pas de passer des années à écrire des bouquins, des heures et des heures à plancher dessus. On le fait parce qu'on aime ça aussi.”
Pour aller jusqu'au bout de son explication, Fabien Olicard, Chevalier des Arts et des Lettres depuis 2026 et sociétaire des Grosses Têtes, détaille ensuite la répartition complète du prix d'un livre. Il s'appuie sur des données issues du site de Radio France. "Le point de vente des libraires, c'est en moyenne 38%", commence-t-il. Viennent ensuite l'édition avec "21%, parce que l'éditeur ne fait pas que copier ses équipes, il y a plein de choses qui ont été investies de sa part", puis "15% pour la fabrication du livre lui-même", 12% pour la distribution et 8% pour la diffusion". L'auteur se retrouve donc tout en bas de cette chaîne avec ces fameux 8% en moyenne.
Une réalité d'autant plus frappante au moment où le Festival du livre de Paris a ouvert ses portes jeudi 16 avril 2026 dans un climat de crise, sur fond de licenciement d'Olivier Nora, PDG de Grasset depuis 26 ans, écarté par le milliardaire Vincent Bolloré. Plus de 170 auteurs ont annoncé leur départ de la maison pour protester.
Fabien Olicard, lui, conclut sa vidéo avec une pensée pour ses confrères moins exposés :”J'ai eu beaucoup de chance parce que je peux vivre de mon métier d'auteur, parce que j'ai un assez gros volume pour en vivre. Ce n'est pas le cas de toutes les autrices et de tous les auteurs qui font pourtant des boulots magnifiques.”
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