Le choc est brutal pour les fidèles de Questions pour un champion. À la rentrée, le célèbre jeu télévisé ne sera plus diffusé qu’en fin de semaine, abandonnant ainsi son rendez-vous quotidien sur France 3. Une décision confirmée fin juin par la direction de France Télévisions, officiellement motivée par des contraintes budgétaires. Mais pour Samuel Étienne, animateur de l’émission depuis 2016, difficile de cacher une certaine amertume. Sur les réseaux sociaux, l'animateur s’est dit "surpris" et "triste" pour les téléspectateurs, rappelant que le programme reste régulièrement leader de sa tranche horaire, avec en moyenne 1,2 million de fidèles chaque soir. Une performance honorable malgré une baisse constatée ces derniers mois. "Ce jeu a le public le plus fidèle", confie-t-il à Libération, visiblement touché par la fin annoncée de ce rendez-vous quotidien.
Mais au-delà du plateau télé et des studios, une autre réalité permet à l’émission de survivre : celle des clubs Questions pour un champion. Ils sont près de 200 à travers la France (et au-delà) à se réunir régulièrement pour faire vivre le jeu sous forme de tournois amateurs, avec buzzers, animateurs bénévoles et carnets de scores. "Ça ne nous empêchera pas de continuer à jouer en clubs", affirme Carole, ancienne championne et membre du club Paris 1 depuis plus de 20 ans, auprès de nos confrères du quotidien.
Là, la passion reste intacte. Chaque semaine, des dizaines de personnes de tous âges se rassemblent pour tester leur culture générale et prolonger l’esprit de l’émission. Certains clubs échangent même leurs questionnaires pour varier les plaisirs, et adaptent les formats pour intégrer des références plus modernes. "Il y a eu des questions sur le rap ou les jeux vidéo, et ça a un peu fait grincer les dents", plaisante Arthur, ingénieur de 33 ans et fan du jeu depuis l’enfance.
Face à la frilosité du service public, la communauté s’organise. Une pétition lancée par un fan a déjà récolté des dizaines de milliers de signatures, et plusieurs députés ont interpellé France Télévisions pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme "une décision symboliquement lourde et culturellement regrettable".
Samuel Étienne, lui, continue de croire à la valeur du programme, à la fois ludique et formateur. "On m’arrête quand on veut, mais moi je n’arrêterai jamais, parce que je ne veux pas prendre le risque de participer à la fin de cette histoire", confie-t-il. Et même si l’avenir du jeu à la télévision s’écrit désormais en pointillés, une chose est sûre : tant que des clubs continueront de faire vivre la passion du quizz, Questions pour un champion ne disparaîtra pas.
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