"Je ne m'affole pas non plus". En entretien avec le Parisien ce dimanche 16 novembre, Adèle Van Reeth, la directrice de France Inter, revient sur les audiences à la baisse constatées sur la station de radio depuis la rentrée 2025. L'avenir de l'audiovisuel public serait-il de plus en plus menacé ? Cette semaine, les différents scandales repérés sur France Info et France Télévisions, comme l'accrochage entre Alix Bouilaguet, accusée de véhiculer de fausses informations, avec le chef des insoumis Manuel Bompard, ou une erreur d'échelle sur une infographie, ont motivé la cheffe du groupe, Delphine Ernotte, à s'exprimer dans les colonnes des Échos.
Cette dernière s'est montrée assez alarmiste, indiquant qu'elle cherchait à dégager 150 millions d'économies afin de couvrir la baisse de la dotation de l'État, amputant France Télévision de 65 millions d'euros de budget : "En 2026, quoi qu’il arrive, mon objectif est d’arriver à zéro déficit. (…) Et pour cela, des choix difficiles s’imposent à nous", a notamment déclaré Delphine Ernotte, laissant présager un plan social assez massif dans les rangs de la télévision publique. Adèle Van Reeth réitère aujourd'hui chez nos confrères du Parisien les mêmes inquiétudes quant aux audiences de sa chaîne : "France Inter baisse, donc cela ne peut pas me satisfaire. [...] Il y a des ajustements à faire mais il ne faut pas tout changer."
Si Adèle Van Reeth "ne s'affole pas", les chiffres révélés par Médiamétrie jeudi 13 novembre ne sont pas rassurants. France Inter a beau rester la première radio du pays, ses audiences sont en baisse assez considérable : réunissant 6,73 millions d'auditeurs quotidiens, elle aurait perdu 458 000 fidèles depuis l'année dernière.
La faute au tout nouveau casting d'Inter ? Depuis septembre 2025 et le départ de Léa Salamé pour la présentation du JT de France 2, France Inter a été contraint de réinventer une grande partie de sa grille, disant au revoir à des animateurs historiques pour accueillir une flopée de petits nouveaux à son antenne. À commencer par Bertrand Chameroy, qui a repris l'émission de Matthieu Noël. Passé par Touche pas à mon poste ! et présent dans C à vous, Bertrand Chameroy peinerait à trouver son public sur la radio…
"Bertrand arrive dans une case très exposée, qui était très bien occupée la saison dernière par Matthieu Noël, dont beaucoup d'auditeurs ont regretté le départ. L'exercice est hyper compliqué, d'autant que Bertrand doit apprendre un langage radiophonique qui n'est pas le même qu'à la télé", concède la compagne de Raphaël Enthoven, avant de confirmer son soutien à son chroniqueur humour, récemment interné dans une clinique psychiatrique : "J'ai toute confiance en lui pour relever ce défi. Il faut être patient."
Autre nouvel arrivant qui pourrait être dans le viseur des auditeurs : Benjamin Duhamel. Fraîchement débarqué de BFMTV où il tenait une émission politique, le nouvel acolyte de Nicolas Demorand qui a pris la place de Léa Salamé pour la matinale de la chaîne, aurait également du mal à creuser son trou, si on en croit les audiences en baisse de l'émission. Rien de grave pour Adèle Van Reeth, conquise par la nouvelle configuration de sa matinale : "C’est à comparer avec les niveaux hors norme de la saison passée. Je suis très contente de la rentrée de Benjamin. C’est un excellent intervieweur et il a trouvé sa place très vite. J’ai toute confiance dans le fait qu’il saura parler à nos auditeurs et en faire venir d’autres."
Cette dernière de profiter de l'occasion pour donner des nouvelles Nicolas Demorand, absent depuis plusieurs semaines de France Inter. Selon elle, le journaliste aurait besoin de repos et aurait donc été remplacé par Florence Paracuellos jusqu'aux vacances de Noël. "Nicolas reviendra dès qu'il se sentira de nouveau en forme", assure-t-elle.
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