Concilier la sortie d’un disque et le rythme scolaire d’un enfant n’a rien d’une promenade de santé. Joyce Jonathan le constate chaque jour. Alors qu’elle s’apprête à dévoiler son nouvel opus, De justesse, le 6 novembre, la musicienne a dû composer avec un calendrier particulièrement serré à la rentrée. Entre les allers-retours au studio et les préparatifs de la rentrée scolaire, l’artiste a vu ses journées s’accélérer. Un grand écart permanent entre sa vie d’artiste et son rôle de maman, qu’elle aborde aujourd’hui avec franchise. Loin de l’image de la femme active qui maîtrise tout à la perfection, elle lève le voile sur ces journées où l’organisation déraille, quitte à bousculer un peu les apparences pour tenir le cap.
Quand les journées débordent, les convenances passent rapidement au second plan. La rentrée de sa fille Ghjulia, qui vient de faire ses premiers pas en classe de CP, a d'ailleurs donné lieu à des scènes pour le moins mémorables devant les grilles de l’école. Interrogée par le Journal des Femmes, Joyce Jonathan a raconté sans détour ses fins d’après-midi épuisantes : "Je galère parfois. Par exemple, là, mon album sort le 6 novembre et c'était la rentrée, je devais tout finaliser pour la rentrée. Ma fille rentrait en CP. Parfois, j'allais la chercher et je n'avais pas encore eu le temps de me changer. J'étais en pyjama, il était 16h30. Je devais gérer le nombre d'exemplaires qu'on envoyait en usine parce que je suis productrice de mon album. Gérer des validations de trucs. Tout ça en allant la chercher avec le pyjama, la viennoiserie".
Une cadence infernale dont elle mesure parfaitement les risques au quotidien. La chanteuse sait qu’il est nécessaire de ne pas laisser cette course contre la montre s’installer durablement : "Il faut éviter que ça arrive trop souvent. Sinon, je pense que ça peut mener à des burn-out, à des trucs où tu n'en peux plus et tu as besoin ensuite de t'arrêter." Pour elle, le plus difficile reste l’organisation. Devenue maman, elle a dû apprendre à composer avec les besoins de sa fille tout en poursuivant sa carrière. Une responsabilité qui a changé son rapport au quotidien et à son propre rythme.
Pour ne pas se laisser déborder par la charge mentale, l’artiste a trouvé une méthode : éviter de tout faire en même temps. Plutôt que de partager son attention entre sa fille et son travail, elle préfère consacrer des moments distincts à chacun. Concrètement, la chanteuse découpe son temps en blocs bien définis pour être pleinement disponible. "Quand j'ai ma fille, on va passer un moment ensemble, je vais faire trois heures à fond avec elle. On va faire tous les Legos, les puzzles etc. Et les trois heures après ça, je vais dire à ma chérie que je dois travailler et que donc elle joue seule dans sa chambre", explique-t-elle. Une fois cette parenthèse à deux terminée, place aux impératifs professionnels. Pour l’interprète, pas question de mélanger les deux casquettes : "Si je fais du moitié-moitié, je sais que je ne vais pas être efficace, que elle, la pauvre, je vais l'envoyer balader parce que je serai en train de répondre à des trucs en même temps."
Une frontière claire qui lui permet d’avancer sur sa musique tout en préservant les moments passés avec sa fille. Joyce Jonathan ne prétend pas avoir trouvé une solution miracle : elle cherche surtout à mieux répartir son énergie, dans un quotidien où les impératifs professionnels et les responsabilités de maman se chevauchent souvent.