Au début des années 2000, elle incarnait le phénomène musical de toute une génération. Révélée sur le plateau de l'émission Drôles de petits champions en 2001, Priscilla Betti a vu son destin basculer en quelques semaines à peine. Alors que ses camarades de classe jouaient dans la cour de récréation, la fillette originaire de Nice se retrouvait propulsée sous les projecteurs, enchaînait les apparitions télévisées et enregistrait ses premiers titres. Une ascension fulgurante qui l'a obligée très tôt à trouver un équilibre entre ses devoirs d'écolière et ses responsabilités d'artiste. Cette frénésie, la chanteuse s'en souvient encore parfaitement. Interrogée par Réel Média sur cette période charnière de son existence, Priscilla Betti résume sans détour la sensation étrange qui l'accompagnait au quotidien : "En fait j'avais une vie d'adulte à 11 ans dans un corps d'enfant quoi. J'avais des responsabilités déjà sur les épaules."
Pourtant, malgré ce rythme effréné, sa famille veille à préserver un cadre ordinaire. Pas question d'abandonner l'école. Pour concilier ses tournages dans la capitale et sa vie sur la Côte d'Azur, la jeune fille multiplie les trajets aériens : "Je faisais pas mal d'allers-retours sur Paris, j'ai jamais loupé l'école, j'ai toujours eu une scolarité plus que normale. Je faisais mes devoirs dans l'avion, c'est vrai." Une organisation particulière pour une enfant de son âge, mais qui lui permettait de conserver certains repères malgré la médiatisation grandissante. Pendant que sa carrière prenait de l'ampleur, Priscilla Betti continuait donc de suivre une scolarité qu'elle décrit comme "plus que normale". Une enfance partagée entre les salles de classe, les avions et les plateaux de télévision.
Entre deux exercices de maths rédigés à 10 000 mètres d'altitude, la passion de la musique ne la quittait jamais vraiment. L'artiste s'amuse d'ailleurs d'une habitude pour le moins cocasse qu'elle avait prise durant ses nombreux vols : "Ce qui est très rigolo c'est que la chanson et la musique ne me quittaient jamais parce que je prenais tellement l'avion que j'adorais, je sais pas pourquoi, je chantais dans les toilettes de l'avion !". Une manie d'enfant star qui a parfois donné lieu à des situations savoureuses avec le personnel de bord. La chanteuse raconte avec amusement : "Il y a même un jour, c'est hyper rigolo, parce qu'il y a une hôtesse qui est venue chercher ma maman qui était assise : 'Excusez-moi madame, vous pouvez dire à votre fille qu'elle sorte des toilettes s'il vous plaît parce qu'il y a la queue ?' Et moi du coup j'étais en plein kiff et tout !" Cette anecdote résume assez bien le contraste de ces années : d'un côté, une carrière déjà très professionnelle et des obligations qui s'enchaînent, de l'autre, une enfant qui conserve ses réflexes et son insouciance, au point de transformer les toilettes d'un avion en petite salle de concert improvisée.
De cette époque, Priscilla Betti garde surtout en mémoire une belle légèreté. Alors que sa carrière l'a rapidement conduite jusqu'à l'Olympia, elle n'en mesurait pas totalement la portée historique. En février 2003, à seulement 13 ans, elle se produisait ainsi deux soirs dans la mythique salle parisienne, après avoir déjà décroché plusieurs récompenses et connu le succès avec ses premiers titres. "Je suis arrivée dans l'Olympia, j'ai vu marqué Priscilla en rouge, j'ai dit : 'Waouh !' Genre OK, mais j'avais pas vraiment conscience non plus. C'est plus ma mère qui était surexcitée en me disant : 'Mais chérie, tu sais que tous les gens qui sont passés là-bas, Édith Piaf, Charles Aznavour tout ça.' Comme nous on écoutait beaucoup de chansons françaises, là ça m'a parlé direct, je me suis dit : 'OK, là je suis dans la cour des grands'." Un tourbillon qui aurait pu lui faire perdre pied.
Pourtant, derrière les chiffres, les apparitions et les salles prestigieuses, Priscilla Betti semble surtout avoir conservé le souvenir d'une enfance entourée. Les séances de dédicaces pouvaient parfois prendre des proportions impressionnantes, au point que son garde du corps devait la protéger de la foule. Vingt-cinq ans plus tard, la chanteuse mesure la chance d'avoir traversé ces années très médiatisées avec une famille présente pour l'accompagner et lui permettre de garder les pieds sur terre.