Silhouette élancée, allure de jeune premier rock et archet virevoltant : lors des concerts monumentaux donnés par Céline Dion à Nanterre devant 35 000 personnes, tous les regards convergent à un moment précis vers lui. Au cœur du spectacle, la star québécoise lui offre un solo magistral en pleine lumière lors de sa reprise de Sweet Dreams, avant qu'il ne vienne lui déposer un imposant bouquet sur scène au moment des saluts. Ce virtuose précoce s'appelle Simon Royer. Originaire de Vannes, dans le Morbihan, il est le benjamin et le seul instrumentiste français d'une formation quasi exclusivement nord-américaine. Dans les colonnes du Parisien, il est revenu sur son parcours.
L'histoire a tout d'un scénario hollywoodien. Initié au violon dès l'âge de 5 ans après un coup de foudre d'enfant devant Pierre et le Loup, le musicien n'a pas emprunté la voie classique des salons feutrés. Issu d'un milieu modeste, il descend jouer dans la rue dès 16 ans à Vannes pour gagner son argent de poche. Parti poursuivre ses études à Rennes puis à Paris, il conserve cette habitude du pavé, tout en se faisant repérer par une agence de mannequins et en rassemblant une fidèle communauté sur les réseaux sociaux.
C'est précisément là que son destin bascule. “Le management de Céline m’a repéré il y a six mois sur les réseaux sociaux et m’a proposé de jouer sur le clip de Dansons. Depuis, je vis un conte de fées. Je ne réalise toujours pas”, confie-t-il. Contacté dans la foulée par le directeur musical Scott Price pour passer une audition à distance, le jeune homme décroche le gros lot : “J’ai fait écouter ta démo à Céline et à plusieurs de son entourage. Ils ont été impressionnés. Assez pour t’offrir la chaise de deuxième violon dans le quatuor”, lui annonce le chef d'orchestre par courriel.
Propulsé aux côtés de pointures de renom, à l'instar du premier violon Philippe Dunnigan ou de la violoncelliste Judy Kang, le jeune Morbihannais redouble d'efforts pour maîtriser le répertoire millimétré de la chanteuse. Après deux semaines de répétitions intensives à Montréal au cœur de l'été, la première rencontre avec Céline Dion à l'arène de Nanterre balaie ses appréhensions : “Elle est exactement en privé comme elle est en interview : drôle, amicale, hyper libre et détendue. Certes, la pression est monstre sur scène, mais elle rend tout fluide et possible".
Loin de le cantonner à l'arrière-plan, Céline Dion a tenu à lui offrir une véritable vitrine scénique au milieu du quatuor à cordes. “C’est elle qui m’a offert ce moment de scène, qui m’a proposé cette scénographie. Chaque soir, j’ai des frissons. Se voir offrir un solo alors que j’arrive dans un show invraisemblable, je le vis comme un immense cadeau. Je suis d’autant plus reconnaissant que c’est moi qui ai écrit mon solo”, raconte le violoniste, encore incrédule face à cette vague d'amour du public.
Aujourd'hui sollicité de toutes parts, Simon Royer savoure cette trajectoire fulgurante qui ressemble à un joli retour de flamme. Également pianiste autodidacte depuis ses 13 ans, l'artiste sourit en repensant à ses premières amours de jeunesse : “Pour mon amoureuse, au collège, j’avais appris à jouer My Heart Will Go On. Et maintenant, je suis là...”. La boucle est magistralement bouclée.