Révélé au grand public lors de la 15e saison de Top Chef sur M6, Valentin Raffali a confirmé, depuis son élimination, qu’il ne s’agissait pas d’un simple passage télévisé mais bien d’un tournant dans son parcours. Le chef marseillais, déjà solidement installé avant l’émission, a vu son rapport au métier évoluer, porté par une exposition nouvelle et une reconnaissance populaire qu’il n’avait pas anticipée. Au moment de quitter la compétition, il confiait au Parisien avoir participé avant tout par envie personnelle. "Au fond, j’ai toujours voulu faire Top Chef que je regardais avec ma mère ado. (…) Je l’ai vraiment fait par spontanéité et désir de vivre quelque chose d’intense et de nouveau. Je ne voulais pas avoir le regret plus tard de ne pas l’avoir fait. Dans ma vie, j’ai besoin d’adrénaline…", avait-il déclaré à l'époque. Une démarche presque intime, loin des calculs de carrière, alors même que son restaurant marseillais, Le Livingston, affichait déjà complet. L’après-Top Chef s’est révélé à la hauteur de cette sincérité. "Je peux vous dire comment je me sens après : très apaisé. (…) j’ai été très suivi dès le début et ça a apporté beaucoup de douceur dans ma vie", expliquait-il encore, touché par les échanges avec le public.
Et de reprendre : "Cette tendresse, forcément ça influence ma cuisine et ma façon de travailler". Un nouveau chapitre s’ouvre aujourd’hui loin de Marseille. Après avoir progressivement mis en pause Le Livingston, dont il reste copropriétaire avec le Small Group, laissant régulièrement les fourneaux à des chefs en résidence, Valentin Raffali s’apprête à prendre les commandes culinaires d’un lieu mythique de la nuit parisienne : le Bus Palladium. Fermée depuis 2022, cette adresse emblématique de Pigalle rouvrira en mars 2026, avec lui comme chef exécutif. Fondé en 1965 rue Pierre-Fontaine, le Bus Palladium s’offre une renaissance ambitieuse portée par Christian Casmèze, propriétaire historique, et Nicolas Saltiel. Le projet réunit également les architectes Karl Fournier et Olivier Marty, la productrice musicale Caroline de Maigret pour l’ADN sonore, Lionel Bensemoun pour insuffler une nouvelle vie nocturne… et Valentin Raffali pour signer l’identité gastronomique du lieu. Installé récemment à Paris, le chef élaborera les cartes du bar, du petit-déjeuner et du restaurant de l’hôtel, pensé comme une table à part entière.
La proposition sera resserrée : six entrées, six plats et trois desserts, avec une forte culture de la mer. Mais sans clin d’œil à la Méditerranée puisqu'ici, Valentin Raffali revendique un ancrage atlantique. La carte du bar proposera une cuisine de saison inventive, tandis que le petit-déjeuner se distinguera par des produits travaillés et pointus comme de la truite de Banka maturée, du bacon basque de porc noir de Bigorre fumé sur place, ou encore des œufs Bénédicte au sabayon relevé au Savagnin. Très sollicité ces derniers mois, entre collaborations culinaires, événements liés à la mode ou au cinéma, et même une pizza Paris-Marseille imaginée avec Trainline, Valentin Raffali revendique pourtant une ambition mesurée. "Je souhaite simplement rester fidèle à ce que j’estime être ma responsabilité de cuisinier : proposer une carte juste", explique-t-il, avant de préciser : "Mon ambition, discrète, consiste à prendre le temps, à demeurer concentré, à m’amuser et à bâtir ce projet avec sérieux".
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