Pendant longtemps, le nom de Victoria Beckham a été associé à une maison de mode prestigieuse, mais aussi à une entreprise qui peinait à trouver son équilibre financier. Dix-huit ans après le lancement de sa marque de mode, l'ancienne Spice Girl peut enfin afficher des comptes dans le vert. Selon les résultats publiés fin août, Victoria Beckham Holdings a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires de 129,8 millions de livres sterling, contre 112,7 millions un an plus tôt.
Surtout, le groupe a enregistré un bénéfice de 7,3 millions de livres, alors qu'il affichait encore une perte de 1,6 million en 2024. Une performance qui intervient après cinq années consécutives de croissance à deux chiffres, comme le souligne Vogue.
Dans un entretien accordé au Financial Times, Victoria Beckham ne cache pas sa satisfaction : "Nous avons tous travaillé dur pendant longtemps pour arriver à ce moment de rentabilité et de croissance." La créatrice estime également que sa maison a changé de statut. "Après vingt ans, les gens ne regardent plus ma marque comme une marque de célébrité", explique-t-elle au quotidien britannique.
L'un des grands changements opérés ces dernières années tient à la diversification du groupe. Lancée en 2019, Victoria Beckham Beauty représente désormais environ deux tiers du chiffre d'affaires de l'entreprise. Mais derrière ces résultats, un produit en particulier illustre à lui seul le spectaculaire changement de dimension de cet empire : le crayon Satin Kajal.
Vendu autour de 32 livres, cet eyeliner s'écoule à un rythme impressionnant. Selon le Financial Times, il se vend toutes les 30 secondes à travers le monde. Une performance qui donne une idée très concrète de l'engouement rencontré par la ligne de beauté et qui a contribué à transformer cette activité en véritable moteur de croissance pour le groupe.
Le phénomène ne se limite d'ailleurs pas à ce seul produit. Les Foundation Drops ont permis de plus que doubler les ventes de la catégorie skincare, tandis que les parfums connaissent eux aussi une forte progression. En quelques années seulement, Victoria Beckham Beauty est ainsi passée d'une jeune activité lancée en 2019 à la principale source de revenus de l'empire.
La mode n'est toutefois pas en reste. Les robes et tenues de soirée représentent environ 32 % des ventes retail de la marque, tandis que les vestes, pantalons, robes et pièces de tailoring continuent de porter l'activité. Le sac Dorian, vendu 890 livres, fait notamment partie des produits phares de la maison.
Toujours selon le Financial Times, plusieurs changements ont été opérés dans les méthodes de travail, les priorités et la gestion des coûts. Victoria Beckham considère de son côté que la recherche du "bon prix" pour ses collections a constitué un tournant important dans le développement de la maison.
Après avoir consolidé ses activités, Victoria Beckham Holdings regarde désormais vers l'international. Victoria Beckham Beauty est déjà distribuée dans plus de 300 points de vente à travers 15 marchés, contre seulement trois en 2023. Les Etats-Unis constituent notamment l'un des principaux axes de développement du groupe.
Après un pop-up à Bal Harbour, en Floride, la maison doit ouvrir en septembre une nouvelle adresse à Mercer Street, à New York. Il s'agira du premier espace new-yorkais réunissant mode, beauté et parfumerie sous une même enseigne.
Côté actionnariat, Victoria et David Beckham restent majoritaires au capital. Le fonds NEO Investment Partners détient pour sa part 30 % du groupe depuis son investissement de 30 millions de livres en 2017. Interrogée par le Financial Times sur l'éventualité d'une nouvelle cession de parts, Victoria Beckham répond simplement : "Ne jamais dire jamais."
Après 18 années de développement et plusieurs exercices difficiles, la maison semble donc avoir trouvé un modèle plus solide. Avec une activité beauté devenue essentielle, une mode qui poursuit sa progression et une stratégie désormais tournée vers les Etats-Unis et le Moyen-Orient, Victoria Beckham Holdings entend écrire un nouveau chapitre : celui d'une marque de luxe devenue une véritable entreprise rentable.