Le pari est, pour l'heure, loin d'être rentable financièrement. Moins de deux ans après le rachat de RMC et BFMTV pour 1,57 milliard d'euros, le groupe audiovisuel de Rodolphe Saadé a vu sa valeur fondre. Selon L'Informé, les actifs ont été dépréciés de 464 millions d'euros, ramenant leur valorisation à 730,4 millions d'euros fin 2025, soit une baisse de près de 40 % en seulement 18 mois.
Cette dépréciation s'explique notamment par la concurrence accrue de CNews, la crise du marché publicitaire et les nombreux départs de journalistes après le changement d'actionnaire. Toujours selon L'Informé, BFMTV, bénéficiaire pendant douze ans, est même passée dans le rouge en 2024.
Pour autant, certains estiment que cette opération ne se résume pas à une perte financière. Une journaliste citée par L'Informé résume ainsi l'enjeu : "Tout le monde savait que Rodolphe Saadé, le dirigeant de CMA CGM, avait surpayé. Mais cela lui a permis d’énormément gagner en influence."
En mettant la main sur RMC et BFMTV, après le rachat de La Tribune puis de Brut, le patron de CMA CGM s'est constitué un puissant portefeuille de médias. Si l'investissement pèse aujourd'hui sur les comptes, il lui offre en contrepartie un levier d'influence difficile à chiffrer, mais stratégique dans le paysage économique, médiatique et politique français.
Reste désormais à savoir si cette influence suffira, à terme, à justifier un investissement dont le coût financier apparaît aujourd'hui particulièrement élevé.