Il va fêter ses 28 ans cette année quand elle a soufflé, le 2 avril, sa 51e bougie. Mais un petit quart de siècle a beau séparer Jean, le benjamin, de Delphine, sa demi-sœur aînée, l’adage selon lequel aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années semble, comme à Antoine, Alexandre et Frédéric, les autres enfants de Bernard Arnault, très bien lui convenir…
Le 24 mars dernier, dans l’enceinte futuriste de la Fondation Vuitton, à la lisière du Bois de Boulogne, Jean Arnault remettait à deux jeunes hommes le Louis Vuitton Watch Prize, une récompense célébrant la créativité, le savoir-faire et l’innovation, en encourageant les artisans et entrepreneurs à devenir la future génération d’horlogers indépendants. C’est la deuxième année qu’est remis ce prix convoité par des créateurs du monde entier. À l’initiative de ce concours : celui qui dirige depuis 2023 le pôle montres du groupe LVMH, le jeune Jean Arnault.
La Fabrique du Temps : ainsi a été baptisée cette branche du gigantesque groupe de luxe. Et du temps, le plus jeune enfant du célèbre entrepreneur n’en perd pas. Né en 1998, après Alexandre et Frédéric, le dernier des trois fils que Bernard Arnault a eus avec sa deuxième épouse, la pianiste Hélène Mercier, a bénéficié, comme ses frères et sœurs, des meilleures formations.
Le Monde nous apprend ainsi, dans un article publié en juillet 2021, qu’il a effectué sa scolarité au sein de l’institution jésuite Saint-Louis-de-Gonzague, connue aussi sous le nom de Franklin, en référence à la rue du 16e arrondissement de Paris où elle est située. Comme Frédéric, il y a bénéficié des enseignements d’une célèbre professeure de lettres : Brigitte Macron.
Ce n’est pourtant pas vers une carrière littéraire qu’il s’oriente. Le bac en poche en 2016, il traverse la Manche pour entrer en classe prépa et suivre une formation d’ingénieur en mécanique au prestigieux Imperial College of London. Si l’on en croit son profil LinkedIn, il en sort en 2020 pour se rendre ensuite de l’autre côté de l’Atlantique afin d’intégrer le célèbre Massachusetts Institute of Technology, où il obtient un master en mathématiques financières. Un choix qui, nous explique La Lettre dans un portrait qui lui était consacré en mars dernier, n’était pas celui de son père. Très exigeant avec ses enfants, il aurait préféré le voir faire HEC. Qu’importe, Jean en sort prêt à intégrer le monde du travail et, de ce point de vue, son avenir est tracé : ce sera dans le groupe LVMH. Et pas question de traîner en chemin. "Déjà que mon père pense que je suis au chômage parce que j’ai pris deux semaines de vacances…", glissait-il en juillet 2021 à nos confrères du Monde.
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ll s’apprête alors tout juste à être nommé directeur du marketing et du développement de la division horlogère de Louis Vuitton. Un an plus tard, en septembre 2022, il en prend la tête et va pouvoir donner libre cours à sa passion pour les montres. "Depuis toujours, je suis attiré par les moteurs de voiture, d’avion et de montre", expliquait-il en janvier 2025 à Paris Match. Le problème des deux premiers secteurs, argumentait-il, c’est que les développements peuvent être très longs, "jusqu’à dix ans pour une voiture", notait-il. "Quant à l’aviation, l’innovation technologique ne me semblait pas très excitante", ajoutait-il avant de conclure : "L’horlogerie était pour moi la voie parfaite sans les contraintes majeures inhérentes à l’automobile et à l’aviation, puisque, en concevant une montre, on ne risque pas la vie de celui qui la porte… De cette liberté découle une plus grande créativité technique."
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Et sa liberté, le talentueux jeune homme entend bien la prendre. Aussitôt arrivé, il décide de supprimer 80 % des collections afin de se repositionner dans le haut de gamme. "Quand un artisan termine des mois sur une répétition minutes à plusieurs centaines de milliers d’euros, est-il juste que son ouvrage soit mis au même niveau que des montres qui donnent l’impression d’être de simples accessoires de mode ?, s’interrogeait-il encore dans les colonnes de Paris Match. Cette dichotomie entre le haut de gamme et les montres fashion n’était plus possible." Il oriente aussi les choix de son père. En juin 2024, il l’incite ainsi à racheter L’Épée 1839, une petite marque d’horloges mécaniques au savoir-faire unique. Petit à petit, son périmètre s’étend. Pas question pour autant d’aller empiéter sur le territoire de l’un de ses aînés. "TAG Heuer, la marque dirigée par son grand frère Frédéric Arnault de 2020 à 2024 et qu’il couve encore de près, échappera à l’extension de son domaine de chasse", écrivaient nos confrères de La Lettre dans ce récent article consacré à "l'ascension silencieuse" de Jean au sein de l’entreprise familiale…
Un groupe au sein duquel le jeune homme n’hésite pas à rajeunir les codes, à commencer par le tutoiement qu’il a instauré avec toutes ses équipes. "Ce manager décrit par ses collègues comme avenant, sachant déléguer et jouant plutôt la carte du profil bas, est de plus en plus associé aux décisions au sein de la maison Louis Vuitton", écrivent nos confrères de La Lettre, qui notent "l’estime" qu’il est en train de gagner auprès de son père.
Tous les lundis après-midi, pendant plus de trois heures, il est ainsi associé aux réunions stratégiques de Vuitton, au cours desquelles il démontre qu’il a bien intégré les us et coutumes d’une marque pour qui la qualité du produit doit primer sur tout. Et les résultats suivent : en quatre ans, affirme La Lettre, il a triplé le chiffre d’affaires des montres Louis Vuitton, le portant à 180 millions d’euros, ainsi que le prix moyen de celles-ci à l’unité, puisqu’il faut désormais débourser en moyenne 15 000 euros pour s’offrir une tocante siglée du célèbre monogramme…
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L’irrésistible ascension de Jean, qui a trouvé en la brillante socialite Zita d’Hauteville une compagne à même de l’épauler, serait-elle à même d’alimenter les craintes de ses aînés quant à une éventuelle guerre de succession ? "À ma connaissance pas du tout et à la connaissance de mon mari, non plus", déclarait sa mère, Hélène Mercier à Audrey Crespo-Mara le 22 février dernier sur TF1, démentant les rumeurs d'un hypothétique conflit qui viendrait menacer l’unité familiale. Après avoir précisé que son mari n’avait pas prévu de prendre sa retraite de sitôt, elle a ajouté : "Je ne pense pas que tout le monde ait forcément envie de lui succéder. Et je pense que tout le monde est assez bien élevé, intelligent et sensible pour faire passer le sens de la famille et la vérité des émotions avant des luttes de pouvoir." À bons entendeurs…
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