Invitée sur le plateau de l'émission Quelle Époque !, Hélène Mercier-Arnault n'a pu contenir son émotion. Face à Léa Salamé, elle a été conviée à revenir sur la vive polémique concernant ses propos sur les sans-abri, tenus initialement lors d'un passage chez Marc-Olivier Fogiel. "On vous entend dire des mots, les mots suivants, je vais les dire... Marc-Olivier Fogiel vous pose une question sur les SDF en évoquant le livre de Philippe Torreton sur les sans-abri. Je vais lire la phrase : 'Ce que je vais vous dire va peut-être vous choquer, les SDF j'y pense pas tous les jours. La première fois que j'ai vu des clochards, c'était quand je suis arrivée à Paris. C'est aussi, j'ai l'impression, un choix de vie, un choix de vie avec des gens aussi qui se sont retrouvés qui avaient des choses qui ont décidé de lâcher la société, c'est un retrait du monde'", a rappelé l'animatrice. En interpellant ainsi son invitée, Léa Salamé a souligné que de nombreux téléspectateurs l'avaient alors jugée "déconnectée" de la réalité.
Visiblement touchée, l'épouse de Bernard Arnault a d'abord tenu à préciser le contexte technique de cette séquence : "C'est une émission qui a été enregistrée pendant 20 minutes. Monsieur Fogiel et moi avions choisi que ce ne soit pas en direct. Il m'avait expliqué le concept : vous êtes enregistrée pendant 20 minutes, il en garde 10 et réalise ensuite un montage avec ce qu'il considère être le mieux. Il m'a posé énormément de questions, notamment sur Trump ou Macron, alors que je pensais aborder des sujets complètement différents. Je venais pour présenter mon disque, mais presque toutes les questions ont été des surprises. De mauvaises surprises."
Elle poursuit ses explications en pointant du doigt la construction de l'entretien : "Il faut bien se dire que le montage n'est pas du tout bien fait, il y a beaucoup de choses coupées là-dedans, ce ne sont que des fragments que l'on entend. Dès qu'il m'a parlé des SDF, j'ai eu une espèce de retour en arrière sur ma propre vie : quand j'avais 16 ans, j'habitais avec ma sœur à Nanterre ; elle aimait un homme sans-abri et voulait partir vivre avec lui dans la gare du RER. Alors, sur le moment, j'ai eu besoin de dire que je n'y pensais pas tous les jours, parce que cette violence est soudainement devenue insupportable." Pour rappel, Hélène Mercier-Arnault a perdu sa sœur, qui souffrait de bipolarité et a mis fin à ses jours.
En larmes, la mère de Frédéric, Alexandre et Jean a ajouté avec pudeur : "Alors je suis désolée de pleurer à la télévision, c'est honteux." Léa Salamé a alors tenté de synthétiser sa pensée : "En fait, ce que vous dites, c'est que vous avez prononcé cette phrase 'j'y pense pas tous les jours' parce que, dans le fond, cela vous ramène à votre sœur qui vivait avec un SDF pour qui c'était un choix de vie ?" Ce à quoi l'invitée a répondu : "Mais pour elle aussi, parce que ce sont des gens fracturés qui n'arrivent pas à vivre dans la vie normale. Ils ont besoin de leur substance, ils ont besoin d'être compris, ils ont besoin de cette vie différente. Il est reconnu qu'il y a énormément de bipolaires... Il y en a effectivement 60 % qui ont des problèmes d'addiction et qui sont souvent bipolaires chez les SDF."
© BestImage, DOMINIQUE JACOVIDES / BESTIMAGE
Pour conclure ce témoignage, elle a confié : "Je trouve ça normal que ça ait choqué, mais je pense que cela méritait une explication. C'est fou, car depuis que cette histoire a ressurgi, je pleure beaucoup depuis quelques jours. Cela me rappelle tout et je me demande pourquoi ce n'était pas moi qui étais avec ce SDF ? Ma sœur était tellement exceptionnelle, je l'admirais tant et je l'ai perdue. Vous savez, avec tout l'argent du monde, elle n'est plus là. Cela ne me rendra pas ma sœur.".
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