Huit ans après avoir tiré sa révérence dans Phantom Thread, Daniel Day-Lewis est de retour. À 68 ans, l’acteur britannique, triple oscarisé pour My Left Foot, There Will Be Blood et Lincoln, revient au cinéma dans Anemone. Un retour inattendu, né d’une impulsion familiale, celle de travailler avec son fils, Ronan Day-Lewis, pour son tout premier long-métrage. Dans ce film, il incarne un ancien militaire britannique, hanté par son passé en Irlande du Nord, vivant en retrait du monde. Un rôle qui correspond à l’image que certains se font de lui ? "Ne pas être sous les feux de la rampe, ne pas parler dans un micro, cela signifie-t-il que vous êtes reclus ? Évidemment pas !", explique-t-il dans les colonnes du Parisien, avant d’ajouter avec humour : "Je sais bien que certains se plaisent à imaginer que lorsque je ne tourne pas, je vis comme un homme des cavernes ! (Rires)". Car derrière cette absence prolongée des plateaux, il y a surtout un choix de vie comme il le confie : "Je ne pourrais pas exercer ce métier convenablement si je n’avais pas, à côté, une vie personnelle et familiale très riche". Et c’est justement cette sphère intime qui l’a ramené vers le cinéma, puisque toujours dans Le Parisien, Daniel Day-Lewis raconte la genèse du projet avec son fils.
"Je savais que Ronan voulait se lancer dans la réalisation, et ce qui m’attristait c’est que j’avais décidé de ne plus jouer pour le cinéma, car du coup cela m’empêchait de travailler avec lui", explique-t-il avant de préciser : "Alors cela a été une pure impulsion, dans l’idée, au départ de travailler ensemble et de passer du temps tous les deux". Le duo s’est ainsi construit autour d’un thème qui leur est cher : "les questions de fraternité, et tout ce qui va avec — les joies, les confrontations, les frustrations". Sur le plateau, la relation père-fils s’est transformée en collaboration artistique et l’acteur a tenu à souligner qu'il n’a "jamais douté" de son réalisateur. Interrogé aussi par Le Parisien, Ronan Day-Lewis explique avoir dû composer avec cette double casquette de fils et de cinéaste : "J’ai vu et revu ses films, en m’attachant à oublier le père pour ne considérer que son incroyable travail d’acteur". Au moment de retrouver les plateaux, Daniel Day-Lewis avoue avoir été gagné par le doute avant de prendre conscience avec "fierté" du talent de son fils et de sa "merveilleuse équipe". Dans les colonnes du Figaro, le fils de Rebecca Miller parle d’un tournage "vraiment incroyable", nourri par un long travail en amont : "Nous avons pris le temps d’imaginer tout un monde. Avant le tournage, nous avons eu de nombreuses conversations. C’était indescriptible. L’expérience d’une vie". De son côté, Daniel Day-Lewis insiste sur la transformation de son fils en réalisateur sous ses yeux. "Ce que j’ai trouvé miraculeux, c’est de voir Ronan devenir un cinéaste au fil des jours, et de façon très naturelle", confie-t-il au Figaro.
Mais ce retour devant la caméra marque-t-il la fin de la retraite de Daniel Day-Lewis ? Rien n’est moins sûr… Si l’envie est revenue, elle reste conditionnée à une forme de désir artistique. "Pour ce qui est de jouer pour d’autres, il faut que ma curiosité […] soit piquée", expliquait-il déjà dans Le Parisien. Une position qu’il confirme dans Le Figaro : "Ma seule motivation reste l’envie de m’impliquer dans une histoire particulière". Et s’il refuse de se projeter, une chose est certaine, le cinéma n’est jamais totalement derrière lui puisque il confie : "J’ai toujours envie de travailler, ça oui. Quant à prendre ma retraite, ça, jamais". Un retour discret donc marqué par une forte relation père-fils.
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