Une enquête de Mediapart, initiée fin 2018 et relancée début 2025, révèle que huit femmes accusent Patrick Bruel de violences sexuelles entre 1992 et 2019. Une seule était mineure lors des faits dénoncés.
Daniela Elstner, directrice générale d'Unifrance, a porté plainte le 12 mars pour tentative de viol et agression sexuelle. Elle relate des événements qui seraient survenus en novembre 1997 au festival du Film français d'Acapulco, alors qu'elle était assistante chez Unifrance et âgée de 26 ans. Elle décrit une agression dans une voiture puis dans un bungalow. Sa collègue Isabelle confirme l'avoir recueillie immédiatement après, en larmes. Une seconde enquête préliminaire pour viol est ouverte au parquet de Saint-Malo concernant des faits d'octobre 2012 durant le festival du Film britannique de Dinard.
Maja (pseudonyme) avait 15 ans en septembre 1992 lors de sa rencontre avec Patrick Bruel à l'US Open de New York, où elle était bénévole. Admiratrice de l'ex d'Amanda Sthers, elle rapporte des tentatives d'approches non consenties dans un ascenseur et sur les gradins, avec des attouchements. Elle décrit également un épisode dans sa chambre d'hôtel, où Yannick Noah aurait ouvert la porte. Yannick Noah confirme sa présence au tournoi mais ne se souvient pas de cet épisode. Deux amies d'enfance corroborent ses confidences.
Jeanne (pseudonyme) a rencontré le chanteur à 15 ans en 1991 aux Victoires de la musique. Une relation s'est développée sur plusieurs années. En 2000, alors adulte, elle dénonce un viol à son domicile. Elle reconnaît avoir maintenu des contacts sporadiques avec lui ensuite, y compris en 2019, comportement qu'elle explique par un processus psychologique complexe.
D'autres femmes rapportent des incidents dans des loges de théâtre en 2003 et 2011. Le festival d'Acapulco de 1997 concentre plusieurs témoignages, dont celui de la compositrice Maïdi Roth qui rapporte une tentative d'approche forcée dans un taxi.
Par son avocat Christophe Ingrain qui s'est exprimé auprès de Mediapart, Patrick Bruel conteste l'intégralité des accusations. Le papa d'Oscar et Léon nie tout viol, violence et contrainte, affirmant n'avoir jamais outrepassé un refus. Il reconnaît toutefois avoir présenté des excuses en 1998 sur demande du président d'Unifrance, bien qu'il affirme qu'elles concernaient un comportement jugé insistant plutôt qu'une agression. Il admet avoir pu "chercher à séduire de manière directe ou maladroite" mais maintient n'avoir "jamais rien imposé".
Ce n'est pas la première série d'accusations. En 2019, cinq masseuses de spas de luxe avaient porté plainte pour agression sexuelle, harcèlement sexuel et exhibition sexuelle. L'enquête avait été classée en décembre 2020, la justice estimant ne pas disposer d'éléments suffisants. Malgré ces accusations, la carrière du chanteur s'est poursuivie sans interruption : Enfoirés, Jeux olympiques de Paris, hommages nationaux, tournée actuelle et le théâtre ou il se produit tous les soirs est archi complet.
Patrick Bruel reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.
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