Sa famille est comme une bouée dans un océan de paillettes. Repérée quand elle n’avait que 13 ans par Jane Birkin pour son film Boxes, où elle incarnait une jeune Lou Doillon, Adèle Exarchopoulos aurait pu se laisser emporter par le tourbillon de la célébrité. Car elle n’avait que 20 ans quand elle a explosé aux yeux du monde, en 2013. Actrice principale, avec Léa Seydoux, de La Vie d’Adèle, elle a été aspirée. Triple Palme d’or à Cannes, César du meilleur espoir féminin 2014, Globe de Cristal de la meilleure actrice… Ce long-métrage au tournage éprouvant a tout changé pour Adèle Exarchopoulos, qui fête son 32e anniversaire ce 22 novembre 2025. Tout, ou presque. Mais comme un phare dans la nuit, sa famille lui a toujours permis de garder les pieds sur terre.
Il faut dire qu’Adèle Exarchopoulos n’est pas née avec une cuillère en argent dans la bouche. Loin d’être une enfant de la balle, comme d’autres acteurs de sa génération, la comédienne a grandi près de Paris dans une famille modeste. Son père a été professeur de guitare, gérant de restaurants au Palais omnisports de Paris-Bercy puis producteur de cinéma et président de la société 1660 Productions. "Ma mère est infirmière alors, quand on me propose des salaires qu'elle n'atteindra jamais, il y a forcément un sentiment d'indécence", confiait-elle à Télé 7 Jours. S’ils l’ont inscrite dans son enfance à des cours de théâtre, les parents d’Adèle Exarchopoulos ont découvert un nouveau monde quand elle a explosé.
“Tout le monde m’avait conseillé de lui dire de ne pas venir, mais tu voudrais que mon papa rate un truc pareil ? Bien sûr que je redoutais sa venue”, racontait-elle à Paris Match en évoquant la projection cannoise de La Vie d’Adèle, où elle apparaît souvent dénudée. Elle-même un peu “gênée” de se voir ainsi mise à nue, elle a été bouleversée par la réaction de son papa “très ému”. “Comme il est respectueux et très bienveillant, il ne m’a même pas montré sa gêne. Mes parents ont bien saisi que ça n’était pas moi qu’ils voyaient sur l’écran mais un personnage, un déguisement. J’ai de la chance d’avoir une famille comme la mienne !”, se réjouissait-elle. Devenue star avec des dizaines de rôles à son actif, Adèle Exarchopoulos n’est “personne” quand elle rentre chez elle.
“Mes parents comprennent ce que je fais, bien sûr, mais ma grand-mère, elle, comprend sans comprendre vraiment, quoi”, plaisantait la compagne de François Civil en 2013 dans Paris Match. Et ses parents ont toujours joué le rôle de protecteurs. “Le premier texto que j’ai eu après la Palme d’or, c’est mon père qui me disait : ‘Fais attention, les gens vont te voir comme un steak, comme l’appât du gain’”, racontait Adèle Exarchopoulos à Sept à huit. Avec un papa et une maman très terre-à-terre, la jeune femme n’a jamais pu prendre la grosse tête. Et ses deux petits frères y sont aussi pour quelque chose.
“Mes frères sont allés voir certains films et se sont endormis, et il y en a d’autres qu’ils n’ont jamais vus, rigolait la jeune maman. Mes frères sont intéressés si je rencontre Zidane, le reste, quand je leur dis avec qui je travaille, ils sont en mode : ‘Ah cool, cool’, ça ne les intéresse pas plus que ça.” Émile et Baptiste, eux, travaillent bien loin des plateaux de cinéma. Le deuxième a même une scolarité surprenante à son actif. Avec un baccalauréat scientifique mention bien obtenu en 2019, Baptiste Exarchopoulos s’est d’abord tourné vers les études prestigieuses des classes préparatoires. Mais après seulement une année passée à l’ESME, une école d’ingénieurs, il a fait un virage à 180°. En 2021, il a obtenu son CAP plomberie avec la mention très bien et travaille, depuis, à se spécialiser. Sur LinkedIn, on voit que le frère d’Adèle Exarchopoulos a poursuivi avec un BTS “fluide, énergie, domotique” puis une licence en “sciences de l’ingénieur en froid industriel et développement durable”.
Baptiste Exarchopoulos est aujourd’hui en alternance comme chargé d’affaires chez ClimAGE, une société “spécialisée dans l’installation, le remplacement et la maintenance de systèmes de chauffage, de ventilation, de climatisation et de plomberie”. Un métier utile, bien loin du cinéma, qui convient tout à fait à sa célèbre sœur. Car elle n’aime pas être au centre de l’attention familiale. “Dans des dîners de famille, on ne prête pas plus attention à mon métier qu’à celui de ma mère infirmière ou de mon frère plombier, disait Adèle Exarchopoulos à Télé 7 Jours. Mes frères ne profitent pas du tout de ma notoriété, ils doivent me demander une fois par an de les aider à entrer en boîte de nuit avec des copains.”
Ces valeurs simples que sa famille lui a inculquées, l’actrice fait en sorte de les transmettre à son fils. Devenue maman d’un petit Ismaël en 2017, elle élève seule le petit garçon depuis qu’elle s’est séparée du rappeur Doums. Et avec son fils, elle s’est d’abord sentie obligée de noyer le poisson sur son métier. “Au début, j’ai voulu mettre un mystère parce que je ne voulais pas qu’il rentre là-dedans. Je lui disais ‘je raconte des histoires aux grands’. Il ne comprenait rien”, racontait-elle à Society. Comme son père, sa mère et ses deux petits frères, son fils aussi l’aide à garder la tête sur les épaules. “C’est le côté déguisement des films qui l’intéresse, mais pour le reste, ce n’est pas du tout un enfant des plateaux, rigolait-elle. Ce n’est pas l’enfant qui se tait entre ‘action’ et ‘coupez’, impossible !”
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